L’union sacrée est rétablie, les séquelles de la crise interne ayant disparu. Tant mieux pour les habitants, mais des lacunes persistent.

L’on sait que le Conseil municipal de Raoued (gouvernorat de l’Ariana) a été secoué, ces derniers mois, par une crise interne, sur fond de querelles entre conseillers représentant différents partis et mouvements politiques. L’on sait aussi que cette guerre fratricide, qui a fait le tour de la toile par échanges d’attaques outrancières et impitoyables interposés, a, non seulement suscité l’inquiétude et l’indignation des habitants de la commune, mais aussi failli entraîner la dissolution du conseil municipal élu le 6 mai dernier. Et alors que la crise faisait rage et dégageait les prémices de sombres perspectives, un homme n’a pas cédé à la panique, ou à l’affolement. Il s’agit du maire de la ville, Adnène Bouassida qui, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, n’a trouvé mieux, pour contrer ses détracteurs, que d’user de sagesse et de sens de responsabilité. En dédramatisant, en faisant preuve de sang froid et de patience, sans jamais essayer d’outrepasser ou d’exploiter ses larges prérogatives, il a fini par couper l’herbe sous les pieds de tous ceux qui lui ont déclaré la guerre. Et cela en les poussant vers la porte de sortie. Ainsi, l’équipe municipale a-t-elle été sauvée in extremis, après avoir frôlé la dislocation.

Reprise en fanfare
La parenthèse fermée et l’intérêt national préservé, voilà le conseil municipal de Raoued remis enfin en selle. Un ouf de soulagement s’est, le plus naturellement du monde, emparé de la population de la commune. «Avec un conseil municipal stable, il y a déjà du pain sur la planche. Que dire alors d’un conseil instable où l’on s’entredéchire, au lieu de servir ceux qui l’ont élu», s’exclame un habitant de la cité La Gazelle qui appelle les autorités compétentes à exercer plus de vigilance et de suivi au fonctionnement des mairies du pays, afin de les protéger contre les arcanes des enjeux politiques qui nuisent beaucoup à la vie communale dans son ensemble. De toute façon, l’équipe de M. Bouassida, sans doute galvanisée par le rétablissement de l’union sacrée en son sein, semble avoir saisi l’aubaine au vol. En ce sens qu’elle s’est remise au boulot, avec autant d’abnégation que de détermination, avec déjà, à la clé, un joli score dans les domaines de l’environnement, de la voirie et des prestations de service dans les guichets de l’état civil. Un léger mieux a été également constaté dans la lutte contre les phénomènes des constructions anarchiques, des moustiques et des chiens errants. Bref, la reprise a été en fanfare, et c’est tant mieux pour les habitants de la commune. «Franchement, reconnaît l’un d’eux, la métamorphose est là. Prometteuse et rassurante. Encore faut-il réussir à continuer sur cette lancée». Certes, ces propos mettent du baume au cœur. Toutefois, le conseil municipal de Raoued devra impérieusement se garder de céder au triomphalisme ou de crier victoire.
Tout simplement parce qu’il n’est pas toujours facile de préserver ces acquis dans une commune connue pour son immensité, l’invasion du béton et son explosion démographique, outre la persistance de lacunes dont notamment la prolifération du commerce parallèle, la circulation, le réseau d’assainissement, les zones inondables et l’abondance de terrains vierges délaissés et transformés en dépotoirs. Autant de défis que M. Bouassida et ses hommes sont dans l’obligation de relever, si jamais ils rêvent d’un mandat réussi. Bon vent !
Mohsen ZRIBI

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