Cette année, la fête de l’Aïd Al-Idha a été littéralement gâchée pour certains Tunisiens dans plusieurs gouvernorats qui ont été surpris par des coupures interminables de l’eau courante, ce qui les a empêchés de sacrifier leurs bêtes dans des conditions normales dignes de cette occasion religieuse. Entre colère populaire, coupure de routes et justifications peu convaincantes, des mesures s’imposent pour que pareilles situations chaotiques ne se reproduisent plus.

Alors que des citoyens issus de plusieurs régions se sont préparés, comme chaque année, pour célébrer la fête de l’Aïd Al-Idha dans des conditions normales, ils ont été surpris par des coupures inacceptables et injustifiables de l’eau courante, notamment durant les deux premiers jours de cette fête religieuse qui a rimé malheureusement avec tension et colère sociales, ayant conduit même au blocage de certaines routes en signe de protestation. Aux premières heures du premier jour de l’Aïd, des habitants de différentes régions, délégations et quartiers même dans le Grand-Tunis, se sont réveillés sur un spectacle de désolation : des robinets sans eau courante et une chaleur caniculaire alors qu’ils s’apprêtaient à sacrifier leurs moutons. Si le principal rite de cette fête consiste à sacrifier ces bêtes, cette opération ne pourra se faire, en aucun cas, sans eau, ce qui a gâché la célébration de cette occasion pour de nombreuses familles tunisiennes. La tension était palpable et les citoyens se sont révoltés contre les services de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux et ont exprimé leur ras-le-bol par divers moyens. Car, en effet, priver le citoyen d’un tel service le jour de l’Aïd ne s’avère être qu’une question de mauvaise organisation et d’absence de préparatifs pour faire face à un pic de consommation, logiquement, attendu. Certains ont même déversé leurs ordures devant certains sièges de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).

Retour sur les faits. Durant les deux premiers jours de l’Aïd Al-Idha et même avant, de nombreux quartiers et délégations relevant de différents gouvernorats, allant du nord jusqu’au sud et passant par le centre du pays, ont enregistré de longues coupures d’eau potable. On cite notamment les gouvernorats de l’Ariana, de Sousse, de Sfax, de Gafsa et de Zaghouan, etc. 

Tension et coupure de routes   

Des appels de détresse ont été d’ailleurs lancés, à travers les médias et les réseaux sociaux, par les habitants qui ont fustigé cette situation. Certains ont été même privés du rite du sacrifice. Une situation qui a coïncidé avec la hausse des températures en cette période estivale. A ceci s’ajoute certainement la situation écologique et environnementale déplorable marquée notamment par ces coupures de l’eau courante à répétition. Avec ses coupures de l’eau courante, sur de nombreuses régions ayant atteint pratiquement tout le territoire tunisien, certains habitants ont opté pour des moyens peu orthodoxes pour exprimer leur ras-le-bol face à une situation marquée par une mauvaise gestion généralisée. En effet, la tension était à son comble à l’Ariana, et plus précisément sur la route nationale numéro 8 quand un groupe de protestataires a procédé au blocage de la voie publique pour réclamer une intervention urgente des services de la Sonede. Vers 13h00 du deuxième jour de l’Aïd, des citoyens ont, en effet, bloqué la route nationale numéro 8 menant vers Bizerte et le complexe commercial Géant en signe de protestation contre la coupure d’eau dans certaines régions de l’Ariana. Notons que la route a été bloquée au niveau du virage d’Ennahli vers Bizerte provoquant un arrêt complet de la circulation et de gros bouchons, suscitant une intervention de la part des forces de l’ordre, parvenues à libérer la voie pendant la soirée. Pas uniquement à l’Ariana que la tension était à son comble. Plusieurs citoyens de la localité d’Errahma de la délégation de Menzel Bouzelfa relevant du gouvernorat de Nabeul ont bloqué, également, la route régionale numéro 43 reliant Menzel Bouzelfa à Menzel Temim, et ce, pour protester contre la coupure d’eau pour le deuxième jour consécutif.

La Sonede accuse un pic record

Pourtant rien ne laissait prévoir de telles défaillances et une situation aussi chaotique, notamment pendant les jours de cette fête religieuse au vu d’une année pluvieuse, durant laquelle des réserves hydriques nationales ont été constituées. Le PDG de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede), Mosbah Helali, a accusé une demande « historique » et un pic record enregistrés au niveau de la consommation de l’eau courante, assurant, dans des déclarations médiatiques, que 80% des stocks de l’eau des différentes villes ont été épuisés à peine une heure après la prière de l’Aïd. « Il ne s’agit pas des réserves des barrages, mais des stocks de l’eau des différentes villes qui ont été épuisés, ce qui a provoqué ces coupures », a-t-il expliqué. A Sfax, le directeur du district de la Sonede a déclaré que ces coupures d’eau sont « dues au manque de ressources hydriques dans les réservoirs qui approvisionnent, habituellement, les zones touchées ». Une situation qu’il explique « par les coupures fréquentes de l’électricité et les pics de consommation d’eau ». Pourtant, les déclarations des responsables de la Sonede, les jours précédant l’Aïd, étaient rassurantes quant à la survenue de coupures d’eau, puisqu’on a insisté que toutes les dispositions, pour faire face à la surconsommation d’eau pendant l’Aïd, ajoutée à celle exigée par la période de grandes chaleurs, ont été prises. Mais, malheureusement, le pire n’a pu être évité, et la fête de certains Tunisiens a été pratiquement gâchée en raison de cette mauvaise gestion. Il est à noter que certaines régions ont également enregistré des coupures d’électricité pendant ces jours de l’Aïd, fait qui a compliqué davantage la situation. Mais pour le PDG de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, Moncef Harrabi, il n’y a pas eu de troubles majeurs dans la distribution de l’électricité durant les jours de l’Aïd, à l’exception de certaines coupures isolées.

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