L’intermédiaire en Bourse Tunisie Valeurs a publié récemment une étude intitulée «Le secteur bancaire: plus de peur que de mal». Elle dresse l’état des lieux du secteur bancaire tunisien, présente une analyse du secteur de l’année 2018 et ses perspectives d’avenir, ainsi que les prévisions 2019-2020.

L’étude montre qu’après un parcours exemplaire de 2014 jusqu’à août 2018, les banques ont connu un retournement de tendance brutal depuis le mois de septembre dernier qui s’est déclenché suite à l’annonce par la BCT de deux nouvelles mesures régulant «le risque de transformation et limitant l’accès au refinancement».

Une deuxième poussée vendeuse a secoué le secteur en décembre 2018 en réaction de la décision inattendue de l’ARP d’instituer une nouvelle taxe exceptionnelle sur les revenus du secteur (1% du chiffre d’affaires) en marge de la Loi des  finances 2019. Cette nouvelle imposition a été reportée à l’année 2020.

Sentiment d’inquiétude

Néanmoins, «la surréaction du marché aux deux événements précités traduit un sentiment d’inquiétude de la part des investisseurs sur les perspectives du secteur».

L’étude indique par ailleurs que la dégradation brusque de la perception des banques sur le marché met sur le devant de la scène la question des évolutions réglementaires en vue de leurs implications possibles sur les réalisations du secteur à l’aune de la conjoncture actuelle: assèchement des liquidités, érosion du taux d’épargne, atonie du climat des affaires et situation inquiétante des déficits jumeaux sont autant de défis auxquels doivent faire face les banques tunisiennes.

Les mesures annoncées en 2018 s’inscrivent dans le cadre d’une politique monétaire non conventionnelle. Parmi ces mesures figurent la refonte des statuts de la BCT consacrant le principe d’indépendance et la primauté de l’objectif de stabilité des prix, l’institution d’une nouvelle loi bancaire renforçant les mécanismes de transparence et d’équité concurrentielle et l’élaboration par la BCT d’un plan d’action quinquennal 2016-2020 visant la convergence à l’horizon 2020 du cadre prudentiel tunisien vers les standards de Bâle III.

Contraintes

Selon la même source, les prochaines évolutions réglementaires imposeront de nouvelles contraintes aux banques: régulation de la liquidité bancaire, renforcement des exigences des fonds propres, une supervision prudentielle plus rapprochée et une politique de placement plus encadrée. «Elles ajouteront de nouveaux défis sur le court et moyen termes dans un contexte d’une croissance molle et d’une liquidité sous pression».

Cependant, «nous pensons que grâce à leur capacité de résilience prouvée par le passé, les banques sauront gérer les nouveaux défis réglementaires. Des enjeux auquels le secteur a déjà commencé à se préparer grâce aux injections de fonds propres opérées depuis 2014 et aux efforts importants d’assainissement des bilans».

Les chiffres de la deuxième moitié de 2018 et du premier trimestre de 2019 indiquent un début de ralentissement de l’activité des banques au cours des prochaines années: relâchement de la collecte, tassement de la croissance des crédits et décélération. Du PNB suite au resserrement des conditions monétaires et à une activité de emplacement en bons du Trésor plus encadrée. «Ces évolutions sont annonciatrices d’une «nouvelle normalité»: celle d’un ralentissement sans rupture de la croissance».

Lors des deux prochains exercices, le secteur bancaire devrait évoluer dans un environnement difficile marqué par un resserrement des liquidités, une politique monétaire plus réactive, une réglementation bancaire plus contraignante notamment sur les exigences de fonds propres et sur les normes de liquidités.

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