Les éponges des îles de Kerkennah seraient-elles en danger ? Le nombre de ces animaux marins n’a cessé de baisser ces dernières années au grand dam des pêcheurs de l’île pour qui elle représente une des principales sources de revenu issues de la pêche. La fameuse éponge kerkenienne dont se servait l’artiste français Yves Klein pour peindre ses modèles dans les années cinquante et dont l’une d’elles a été vendue à huit cent mille dollars pour figurer dans une collection du musée d’Art modern est aujourd’hui malade ; victime de la pollution générée par les plates-formes de pétrole qui laissent, parfois,  échapper de long filets d’hydrocarbures au large des côtes. Celles-ci ont des répercussions désastreuses et sont toxiques pour les bancs d’éponges qui sont en train de rétrécir comme peau de chagrin.

Après les fuites de pétrole en 2016 et 2017 qui ont causé des dommages et des dégâts considérables à la faune et la flore maritimes, des pêcheurs ont remarqué que les éponges, durement affectées par ces marées noires, avaient tendance à rapidement s’effriter lors de leur extraction. La pollution qui sévit sur l’île risque aujourd’hui d’accélérer l’extinction de cette espèce marine étroitement liée au patrimoine et aux richesses de l’île, mettant ainsi en danger le  gagne-pain de centaine de pêcheurs  qui en dépendent. «Les éponges de Kerkennah souffrent de la pollution qui est à l’origine de la diminution de leur nombre. Il faudrait protéger cette espèce en voie d’extinction qui est une des principales richesses de l’île. L’une des solutions serait d’aménager des zones de culture d’éponge et de mettre un frein à la pollution qui menace cette espèce», a relevé Khaled Ben Hamida membre de la société civile.

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