Libye – Raids contre des aéroports : Les forces pro-Haftar persistent et signent

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Au moins trois blessés dans les deux frappes aériennes ayant ciblé l’aérogare de Zouara et de Mitiga
AFP — Trois personnes ont été blessées dans des raids menés hier par les forces du maréchal Khalifa Haftar contre deux aéroports sous contrôle du gouvernement d’union nationale (GNA) dans le nord de la Libye, selon des communiqués de ce gouvernement.

Pour la seconde fois en moins de 48 heures, l’aérodrome de Zouara (120 km à l’ouest de Tripoli) et Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale, ont été visés par des attaques.

«L’armée de l’air libyenne a bombardé un hangar abritant des drones turcs et leurs munitions à l’aéroport de Zouara», a indiqué sur Facebook le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), autoproclamée du maréchal Haftar.

Selon les forces pro-GNA, «un membre de la protection civile» a été blessé lors du raid contre cet aérodrome.

Les forces pro-Haftar ont «également visé d’autres hangars  situés à l’est d’Abou Kamach», où se trouve le plus grand complexe pétrochimique du pays, à proximité de la frontière tunisienne, a ajouté le général Ahmed al-Mesmari.

La direction de l’aéroport de Mitiga a fait état hier de tirs de roquettes contre la piste de l’aéroport, «alors que les avions décollaient et atterrissaient».

Selon les forces pro-GNA, «des missiles de type Grad lancés par les milices» du maréchal Haftar «ont visé des employés de la société de services aéroportuaires» de Mitiga.

Deux d’entre eux ont été blessés». Ces derniers tirs n’ont pas été revendiqués par les forces pro-Haftar.

Les vols ont ainsi été suspendus temporairement, ceux devant atterrir à Mitiga ayant été déroutés vers Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli.

La Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) a déploré «les attaques systématiques de plus en plus nombreuses contre des aéroports de l’ouest de la Libye, notamment ceux de Zouara et de Mitiga».

«Ces attaques mettent en danger la vie de milliers de voyageurs civils, y compris du personnel de l’ONU et des travailleurs humanitaires», a indiqué la Manul sur son site.

Craintes pour la sécurité d’une députée enlevée

Parallèlement, l’ONG Amnesty International a exprimé hier ses craintes grandissantes quant à la sécurité d’une députée du Parlement libyen, enlevée il y a près d’un mois à Benghazi après avoir appelé à «arrêter l’effusion de sang» dans ce pays plongé dans le chaos.

Siham Sergewa a disparu le 17 juillet à Benghazi, siège du Parlement élu, après l’attaque de son domicile par un groupe armé, au lendemain de son intervention sur la chaîne Libya Al-Hadath, télévision proche de l’homme fort de l’est libyen Khalifa Haftar dont Benghazi est le fief.

Le maréchal Haftar a lancé le 4 avril une offensive pour tenter de prendre la capitale Tripoli, où est basé le Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU.

Dans son intervention, Mme Sergewa avait appelé à l’arrêt des combats et dénoncé le «radicalisme» de certains députés acquis à la cause d’un camp ou l’autre, responsable selon elle de la division du Parlement.

«Cet enlèvement horrible illustre le danger couru par les femmes actives dans la vie publique libyenne qui osent exprimer des critiques contre les milices», a indiqué Magdalena Mughrabi, directrice-adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, citée dans un communiqué.

«Les craintes quant à sa sécurité grandissent davantage chaque jour», a-t-elle ajouté.

Le 18 juillet, la mission de l’ONU en Libye (Manul) avait appelé à une enquête sur sa disparition et à sa libération.

La députée «semble avoir subi cette attaque en punition pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions et critiqué l’Armée nationale libyenne (ANL)» autoproclamée par M. Haftar, a ajouté Mme Mughrabi.

Des témoins de l’attaque ont indiqué que les assaillants étaient affiliés à l’ANL, selon le communiqué d’Amnesty, dans lequel il est précisé que le mari de la députée a été blessé à la jambe par un tir et son fils de 16 ans «violemment battu».

Un graffiti indiquant «l’armée est une ligne rouge» a été peint dans leur maison, a indiqué l’ONG, précisant qu’un témoin avait vu le groupe armé arriver dans des voitures sur lesquelles on pouvait lire «police militaire».

Le maréchal Haftar a lancé le 4 avril une offensive pour conquérir Tripoli.

Après plus de quatre mois d’affrontements meurtriers, ses forces, freinées par celles appuyant le GNA, n’ont guère avancé, restant aux abords de la capitale. Les combats entre les forces loyales au GNA et l’ANL piétinent au sud de Tripoli et ont fait en quatre mois 1.093 morts et 5.752 blessés, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Près de 120.000 personnes ont été déplacées.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte, la Libye est plongée dans le chaos avec des luttes de pouvoir et des milices armées qui font la loi.

Synthèse d’après l’AFP

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