Période de confinement et hausse de la violence à l’encontre des femmes : Le rôle essentiel des centres d’hébergement temporaire

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Des lignes d’écoute téléphonique ont été ouvertes pour l’accompagnement psychologique des femmes victimes de violence.

Durant le confinement, 11 mille  appels ont été reçus via le numéro vert 1899  dont 3000 concernant la violence en tout genre (conjugale, verbale, morale ….), et ce, durant la période allant du 23 mars jusqu’au 30 juin dernier. Durant cette même période, 30 femmes, qui ont été victimes de violence, ont été accueillies dans le centre qui a été mis en place le mois de mars dernier pour accueillir les femmes victimes de violence.  Pendant la période de la crise sanitaire due à la propagation du virus Covid-19, qui a obligé tout le monde à se confiner et rester chezsoi, le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors a lancé  la ligne verte 1899 pour recevoir les appels téléphoniques relatifs à tout genre de violence. «Cette ligne verte  consacrée essentiellement à l’écoute et l’orientation a été, en effet, lancée en partenariat avec les associations et elle est désormais ouverte 24h sur 24 pour accueillir tout appel de signalisation de violence  ou pour bénéficier d’un accompagnement psychologique. Nous avons formé 28  écoutantes pour recevoir les appels téléphoniques des femmes victimes de violence », nous explique  Dejla Guetari, responsable du dossier de lutte contre les violences à l’égard des femmes au sein du ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Séniors.

Et d’ajouter : «Durant cette même période, nous avons créé un centre de confinement «provisoire» à Ben Arous,  pour accueillir  les femmes victimes de violence   avec  leurs enfants. La  capacité d’accueil de ce centre provisoire est estimée  à 10 chambres   Nous avons pu accueillir 30 femmes avec leurs enfants. Ils ont été hébergés pendant 14 jours. Ils ont pu bénéficier, tout au long de leur séjour, d’un suivi  psychologique et juridique. Ce centre a fermé ses portes le mois de juin dernier», nous  renseigne encore la psychologue.

Devenir autonome

Il est à noter,  qu’actuellement, en Tunisie, le  nombre de centres de prise en charge des femmes victimes de violence s’élève à 7, répartis sur les régions de Sfax, Gafsa, Medenine (Jerjis), Kairouan, et Ariana. Il y a notamment  3 centres d’écoute et 4 centres d’hébergement  dont la capacité d’accueil  de chaque centre  est estimée à 12.

Ces centres d’hébergement proposent un service d’accompagnement psychologique et juridique assuré par des spécialistes pour aider ces femmes victimes de violence. Elles bénéficient  également d’une formation au cours de leur séjour dans le centre pour leur permettre de monter des projets et de devenir autonome financièrement.

La psychologue clinicienne, Dejla Guitari,  explique encore  que   les centres d’écoute ont pour mission principale l’accompagnement psychologique par téléphone des femmes violentées, en envisageant, par ailleurs, avec elles la possibilité qu’elles soient prises en charge dans le cadre de la famille élargie. «A préciser également que les centres d’hébergement des femmes victimes de violence de Tunis et de l’Ariana accueillent un nombre plus important de femmes victimes de violence que dans le reste des régions, car dans les régions, la famille élargie joue un rôle important quant la prise en charge de ces victimes de violence», note Dejla Guitari. 

Deux nouveaux centres d’hébergement ouvriront prochainement leurs portes

En ce qui  concerne la deuxième ligne verte  1809, lancée le 6 avril dernier, elle assure l’accompagnement et l’assistance psychologique des enfants et de la famille pendant la période de confinement. «Nous avons reçu près de 4600 appels téléphoniques émis par des élèves et des bacheliers qui ont eu besoin d’un accompagnement psychologique pendant la période de confinement», informe la responsable du dossier de lutte contre les violences à l’égard des femmes avant d’ajouter que deux centres d’hébergement pour les femmes victimes de violence seront inaugurés  d’ici la fin de l’année 2020.

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