Ça ne fleure pas le bon sens !

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Editorial La Presse

 

Ça ne rigole pas tous les jours du côté des services du contrôle économique. Ou alors pas vraiment. Près de 3.000 infractions économiques relevées au cours des 10 premiers jours du mois de décembre 2022. Ça ne fleure pas le bon sens et il n’y a pas pire dérapage pour les Tunisiens que de voir les spéculateurs et les intermédiaires dans les circuits de distribution décider de leurs besoins quotidiens, surtout en ce qui concerne les produits subventionnés.

Il faut dire que la «culture» et «l’esprit» de monopole sont devenus des problèmes typiquement tunisiens. Notamment en ces temps de transhumance où les valeurs sont de plus en plus dépravées et les principes plus que jamais dénaturés.

Les dépassements, les excès et les dérapages ne cessent de s’amplifier et de se propager en dépit des campagnes de contrôle organisées dans le cadre du suivi de l’exécution du programme de contrôle et de lutte contre le monopole et la spéculation. Ils sont devenus un moyen de subsistance pour les trafiquants et les accapareurs qui se sont taillé la réputation… d’affameurs du peuple !

Au vu des limites logistiques et administratives et du manque de moyens accordés aux contrôleurs économiques, on en arrive aujourd’hui à se demander si les procédures adoptées sont vraiment capables de faire face à ce fléau ? Aux exigences et aux contraintes perpétuelles qui n’en finissent pas ?

Les manquements et les défaillances ne rassurent point sur la nature et l’efficacité des méthodes et des actions entreprises. Des méthodes et des actions qui ne cessent de cumuler les tribulations et les déboires.

Les contrôleurs économiques ne peuvent dans tout cela fournir que ce qu’ils sont capables de faire et de réaliser. A défaut de moyens, et surtout de stratégies payantes, la marge de manœuvre dont ils disposent n’est que très limitée. Et le pire est encore à craindre tant qu’on n’a pas enclenché un plan de redressement et une véritable réflexion sur le monopole et la spéculation qui ne cessent de compromettre les circuits de distribution, ainsi que les fondements des produits subventionnés.

On se demande ce qu’il pourrait advenir des catégories sociales vulnérables si les spéculateurs continuaient à abuser en toute impunité des besoins élémentaires des Tunisiens pour survivre et affronter les astreintes d’un contexte difficile et éprouvant. Des Tunisiens qui n’arrivent pas à assurer le strict minimum des dépenses quotidiennes et qui sont en proie à tous les risques et toutes les déconvenues qui en découlent. 

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