Paysage politique et civil national:  L’Ugtt fait la promotion de sa future initiative

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Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, annonce que l’initiative qu’il entreprend de lancer dans les jours à venir est encore en gestation avec les organisations de a société civile qui réunissent les deux conditions fondamentales de l’indépendance et de la capacité à clamer les vérités, loin des pressions ou des promesses


Il existe une question ou une interrogation que plusieurs parmi les analystes, les observateurs et les acteurs du paysage politique et civil national se posent : sur quel pied danse, désormais, c’est-à-dire depuis la journée du samedi 17 décembre 2022, jour des élections législatives anticipées, l’Union générale législatives du travail (Ugtt) dans la mesure où quotidiennement, les Tunisiens et les Tunisiennes se réveillent sur une position, sur un appel ou sur une proposition que lancent Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’organisation syndicale n°1 du pays, ou l’un de ses lieutenants les plus médiatisés comme Sami Tahri ou Samir Cheffi, des apports qui sont la plupart du temps en contradictions avec les solutions avancées la veille ou incluant des rectifications ou des ajouts sur ce que les syndicalistes ont professé un jour ou deux avant de changer d’analyses ou d’arrondir les angles ? Ainsi, et à l’heure où l’on a été informé que l’Ugtt a décidé ou a mis en oeuvre une initiative à même d’épargner à la Tunisie de tomber dans l’inconnu et qu’elle se prépare à l’annoncer sous peu publiquement, voilà que Noureddine Taboubi déclare, en présidant l’ouverture des travaux de la Fédération générale syndicale de la femme et de la jeunesse : «Nous n’avons pas encore lancé d’initiative. Nous avons démarré la concertation avec les avocats et la Ligue des droits de l’Homme en vue de parvenir à dégager une initiative et de faire sortir le pays du tunnel où il s’est engouffré».

Donc à bien saisir les propos de Noureddine Taboubi, les négociations se poursuivent encore avec les organisations et les associations de la société civile qui réunissent, selon lui, deux conditions essentielles, à savoir «l’indépendance et la capacité de clamer les vérités». S’agit-il d’un avertissement que lance le SG de l’Ugtt à ceux parmi les opposants au processus du 25 juillet qui se sont précipités pour dire que l’Ugtt partage leurs approches et leurs appels exigeant l’annulation du premier tour des législatives anticipées tenues le samedi 17 décembre et exhortant le Président Kaïs Saïed à démissionner de son poste de Chef de l’Etat dans la mesure où il «a perdu sa légitimité» à la suite du faible taux de participation des Tunisiens aux élections, comme l’avancent Néjib Chebbi, président du Front de salut national, et d’autres responsables de partis politiques n’ayant pas pris part à l’opération électorale à l’instar du parti de la Coalition nationale présidé par Néji Jalloul ou Attayar démocratique au nom duquel parle ces derniers jours Hichem Ajbouni, l’un des responsables qui gardent encore la boutique à la suite de la démission de cinq parmi ses leaders, dont on pourrait citer Ghazi Chaouachi, secrétraire général, Mohamed Hamedi, SG adjoint, Mejdi Kerbaï, le député aux activités suspendues le plus médiatisé du parti, et Chokri Jelassi, membre du bureau politique ? Il reste à savoir maintenant si la future initiative parrainée par l’Ugtt est ouverte aux partis politiques. La réponse à cette question est tranchante et elle est fournie par Noureddine Taboubi lui-même.

Il souligne en effet : «L’Ugtt reconnaît le rôle fondamental des partis politiques, sauf que nous craignons de tomber dans l’instrumentalisation partisane ou dans le populisme». Et pour conclure, il lance un avertissement à tous ceux qui veulent tirer profit des initiatives de l’Ugtt ou pour être plus clair à ceux qui cherchent à revivre, via la centrale ouvrière : «Chaque responsables politique est tenu de prendre conscience qu’il traite avec une organisation qui s’appelle l’Union générale tunisienne du travail qui milite pour la consécration des droits économiques et sociaux, qui n’a jamais aspiré au pouvoir mais qui reste disposée à militer sur le terrain, à opter pour toutes les formes de militantisme possibles en vue de rectifier les erreurs».

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