Eliminatoires can 2023: Des absences de taille

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«Les absents ont tort», mais quand on ne les appelle pas, le manque de considération envers les recalés ou les oubliés de la sélection devient important et ils doivent prendre leur mal en patience pour réintégrer les rangs des «Aigles de Carthage».


La dernière sélection de l’équipe nationale retenue par Jalel Kadri pour affronter la Libye, avec 25 joueurs, relève plusieurs absences de taille. Hormis le poste de gardien de but qui fait quasiment l’unanimité, tous les compartiments sont sujets à une critique des chroniqueurs du football tunisien et des fins connaisseurs. Forcément, on focalise sur les absences, en attendant de juger la performance des joueurs qui vont disputer deux matchs en 4 jours. Celle de Seifeddine Khaoui de Clermont, qui marche au diesel en Ligue 1, suscite l’intrigue et ce n’est pas l’aveu de l’entraîneur adjoint Selim Ben Achour, après avoir discuté directement avec le joueur, qui va dissiper le doute. On se demande parfois si Jalel Kadri fait la sélection exclusivement seul ou s’il est conseillé et dans le cas d’espèce «déconseillé» par un membre influent de l’équipe nationale. La plupart des recalés de dernière minute sont des atouts offensifs, comme Mortadha Ben Ouannès de Kasimpasa en Turquie, Rafik Kabou et Fakhreddine Ben Youssef en Egypte qui jouent régulièrement et sont performants. Même s’il y a des sacrifices à faire, il y a beaucoup de choses à redire autour de la sélection qui reste perfectible, tant sur le plan des noms retenus que des joueurs disparus de la liste comme par enchantement, alors qu’on parlait d’eux en monts et merveilles. On pense à Rami Kaieb, mi-figue mi-raisin en Hollande et Seyfallah Ltaief qui végète en Suisse ou Ali Youssef en Suède et Sébastien Tounekti.

Le mystère Khaoui

Mais la non-sélection de Khaoui passe mal. Pour rappel, il a marqué un doublé contre ces mêmes Libyens il y a 3 ans avec Wahbi Khazri lors d’une victoire à Radès 4-1, mais ce dernier est désormais en retraite internationale. Comment un joueur aussi talentueux passé par l’OM en France soit banni ou même écarté de la sélection? Sa réponse aux médias confirme son intérêt pour les «Aigles de Carthage». Il est prêt à endosser la tunique dès qu’on fera appel de nouveau à ses services. Une chose satisfaisante et rassurante qui augure d’un rappel dans une prochaine période avant d’aller en Guinée équatoriale en juin prochain.

Après avoir listé plus de 106 joueurs sélectionnables, il a fallu en retenir le quart et Jalel Kadri, qui défend sa liste, a parlé de choix sur la base de compétences et de performances, en coordination avec la direction technique nationale. Même si on pense qu’on a les joueurs qu’il faut pour sortir favorablement de cette double confrontation face à nos frères et voisins libyens, on espère que les joueurs retenus vont réellement faire parler la poudre et vaincre et convaincre s’il le faut. Car les spécialistes et observateurs  du football tunisien ont également relevé les absences de deux ex-mondialistes, Bilel Ifa en défense et Ferjani Sassi au milieu. Le retour de Firas Ben Larbi, qui crève l’écran aux EAU avec Ajman, n’est pas pour déplaire. Il a une occasion en or à saisir pour se démarquer en équipe nationale et faire enfin ses preuves au plus haut niveau. Le come-back de Amor Layouni (3 buts et 2 passes décisives en Australie) et déjà sélectionné par le passé est une satisfaction. Haythem jouini, qui brille avec le Stade Tunisien cette saison en ayant inscrit 8 buts et offert 4 passes décisives, et Elyès Achouri, buteur de Viborg FF au Danemark, peuvent percuter devant. Même si c’est l’expérimenté Taha Yassine Khénissi qui fait les frais de ses choix en attaque. Il fait le bonheur du Koweït SC et on espère ne pas le regretter devant dans les moments difficiles, s’il y en a.

On regrettera l’absence du bilan post-mondial de la part du sélectionneur Jalel Kadri pour couper court avec les errements du passé.

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