Dialogue de civilisation – « De Pékin à Carthage » : « Une histoire deux fois millénaire »

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« L’on ne peut que croire dur comme fer aux valeurs de solidarité et de coopération profondément ancrées dans les relations tuniso-chinoises », révèle Ahmed Ounais, ancien chef de la diplomatie tunisienne.

« Entre la Tunisie et la Chine une histoire deux fois millénaire, où nos ancêtres et prédécesseurs avaient eu à vendre et échanger sur la mythique route de la soie. Ils nous ont, pour autant, tracés des chemins croisés aux objectifs communs. Et jusqu’à ce jour, à cette ère nouvelle, nos relations bilatérales d’amitié et de coopération ne cessent de s’enrichir et se développer, à bien des égards », c’est, en ces termes, que M. Tshui Ching Chan, membre du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et le président de son Institut d’histoire et des littératures, à l’ouverture du congrès « dialogue de civilisation, du Pékin à Carthage », tenu mercredi après-midi, à l’ambassade de Chine en Tunisie.

Partenariat mutuellement bénéfique

L’hôte chinois a, d’emblée, mis en avant l’intérêt commun des deux pays pour le progrès et le développement sur les différents plans d’ordre diplomatique, socio-économique, culturel et écologique. « Et c’est un grand honneur d’avoir visité, pour la première fois, la Tunisie, ce beau pays joyau de la Méditerranée, afin de s’entretenir de nos civilisations, renforcer davantage des partenariats mutuellement bénéfiques, à même d’ouvrir de nouvelles perspectives d’échange profitables à nos deux peuples amis.. », souligne-t-il, évoquant le rêve communiste chinois tel qu’a été perçu et conçu par le PCC, le parti communiste chinois, dont l’actuel président Xi jinping est son secrétaire général.

Modérateur des assises, l’ambassadeur chinois en Tunisie, Li Wan, a commencé par recentrer ce congrès dans le contexte de « l’Initiative de civilisation mondiale » déjà lancée, en mars dernier, par le président chinois, appelant, alors, à agir en commun pour réaliser le progrès et le bien être des peuples à travers le monde.

C’est en quoi consiste l’objectif de cette manifestation. « Cela s’inspire de notre propre nouveau modèle du développement tel qu’a été élaboré et présenté, en septembre dernier, par le président Jinping, à l’occasion du 20ème congrès du parti», fait valoir M. Chan. Ce modèle essentiellement socialiste revêt, selon lui, une dimension mondiale aux caractéristiques chinoises. Il repose sur cinq axes formant la philosophie et la vision de ce géant asiatique qui se veut précurseur d’une renaissance humaine généralisée, sans conflits armés.

La voie chinoise de développement

Tout d’abord, il s’agit d’un modèle socio-économique qui soit global et inclusif : « Au cours des dix dernières années, le taux de croissance national a atteint une moyenne de 6,6%, soit trois fois plus le taux mondial situé à 2,6%, et dépasse de loin celui réalisé aux USA, en Europe ou au Japon», s’enorgueillit-t-il. D’autant plus que la contribution de son pays à l’économie mondiale est aux alentours de 30%.

Il l’a présenté comme force de stabilité économique, indiquant que le modèle chinois est un processus en mesure de changer la carte du monde vers le développement humain.

Deuxièmement, il vise le bien-être social commun de tout le peuple chinois qui aura à se partager le fruit de la croissance. Avec plus d’égalité, d’équité sociale et de solidarité intercommunautaire, loin des velléités de guerre et du capitalisme sauvage. Le troisième axe dont se prévaut ce nouveau modèle chinois est la cohérence et la complémentarité entre la richesse matérielle et humaine. Soit, une vision basée sur le dialogue des civilisations, la paix, la sécurité et la démocratie. L’écologie dans tous ses états constitue le quatrième pilier du modèle comme l’a bien souligné, lequel s’en tient au meilleur rapport homme-nature. Ce qui pourrait, à ses dires, préserver l’environnement et relever les défis du développement durable. «

Et là nous sommes prêts à coopérer avec la Tunisie pour réussir la transition énergétique verte », soutient-il. Le dernier axe étant la participation à l’établissement de la paix et la sécurité mondiales : « La restauration des relations entre l’Iran et l’Arabie Saoudite en est un exemple du rôle que joue la Chine dans la région », argue-t-il. Et de conclure sur le niveau positif qui a marqué, depuis 59 ans, l’élan de la coopération tuniso-chinoise et les liens diplomatiques établis entre les deux pays. « Nous continuons à aider et soutenir la Tunisie dans les divers domaines de coopération.. », a insisté le membre leader du PCC.

Pour un nouvel ordre mondial multipolaire

De son côté, l’ancien chef de la diplomatie tunisienne, Ahmed Ouanais, était, lui aussi, de même avis sur l’importance qu’il y a de hisser les relations des deux pays à des paliers supérieurs, sur la voie chinoise de développement. « L’initiative de civilisation mondiale, présentée le 15 mars dernier, est telle qu’elle découle d’une profonde conscience des dangers bien réels menaçant l’ordre international actuel », indique-t-il, faisant part de ses craintes liées aux atteintes du droit humain, du Pacte des Nations Unies et de la légalité internationale. Et partant, s’enchaine-t-il, l’on ne peut que croire dur comme fer aux valeurs de solidarité et de coopération profondément ancrées dans les relations tuniso-chinoises.

Rappel pour l’histoire : « La Tunisie avait initié, à l’aube de l’Indépendance, presque le même modèle de développement, adopté aujourd’hui par la Chine, en comptant sur le capital humain et la promotion sociale et sanitaire du tunisien.

À l’époque, l’homme était la fin et la finalité de tout plan de développement », évoque l’ex-ministre des Affaires étrangères. En conclusion, il a plaidé en faveur des choix chinois pour un nouvel ordre mondial multipolaire, modéré et basé sur le dialogue, la paix et la sécurité. Cet appel a aussi été lancé par Mohamed Msilini, membre du Mouvement du peuple et ancien ministre du Commerce dans le gouvernement Elyes Fakhfakh. « Nous aspirons au renforcement de notre coopération bilatérale, dont notamment l’intensification de nos échanges commerciaux et l’accélération des opportunités d’investissement », a-t-il conclu.

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