Au fil des traditions : La «kessa» kairouanaise toujours appréciée

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Visiter Kairouan, c’est l’occasion de faire le tour de ses artisans et artisanes pour succomber sous le charme d’un métier ancestral pas comme les autres. La confection de la « Kessa » garde encore ses secrets.

Avec ses 28.000 artisans opérant dans différentes spécialités (tissage, broderie, damasquinage, pâtisserie, argenterie, cuivre, bois, cuir, ferronnerie d’art) et ses 23.000 artisanes exerçant dans le tissage manuel du tapis, Kairouan est réputée pour son artisanat authentique.

Et parmi les articles prisés par les nombreux hôtes de la capitale aghlabide, figurent les makroudhs, le pain sinya, les tapis, les récipients en cuivre et les fameuses «kessas», gants de toilette bien connus des habitués du hammam, tissées à la main à partir de poils de dromadaires ou de chèvre et qui ne rétrécissent pas.

Ali Ben Saïd Ayed fait partie des artisans qui se sont spécialisés dans la confection et la broderie des «kessas». Ayant hérité de son défunt père, Ameur Ayed, tous les secrets de ce métier, cet artisan fait preuve d’un dynamisme extraordinaire et sait vanter la qualité de sa marchandise en silence, par la simple image de sa bonne mine. Ali ne vous révélera pas les secrets de son travail, mais il vous servira avec le sourire.

Témoignage d’un professionnel

D’ailleurs, sa modeste boutique située au Souk Jraba connaît beaucoup de succès et draine chaque jour beaucoup de clients, surtout de futures mariées désireuses d’orner leurs trousseaux avec ses jolies «kessas» brodées avec du fil de coton de couleur rouge, bleue, rose, mauve et verte. «La plupart de mes motifs sont inspirés de la Grande Mosquée et du tapis kairouanais. Certaines clientes me demandent de broder leurs noms et celui de leurs époux. En général, je brode un gant par jour dont le prix varie de 3 à 7 dinars. Lorsque je suis bien inspiré et de bonne humeur, il m’arrive de créer des motifs où toutes les ressources de mon imagination sont mises en jeu… », raconte-t-il.

Et d’enchaîner, sans mâcher ses mots : « En outre, je préfère travailler seul pour mieux me concentrer, d’autant plus que la main-d’œuvre est de plus en plus onéreuse. En fait, je suis fier de perpétuer une tradition qui se transmet au fil des générations…», nous confie cet artisan chevronné.

Au milieu de ce cadre traditionnel, en plein cœur de la Médina, on a comme la vague impression de vivre dans un rêve des Mille et une Nuits avec ses airs anciens, mais toujours aussi nouveaux.

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