Tourisme | Islem Djerbi, Manager de marketing et de promotion à DMO Djerba à La Presse : «Réfléchir à promouvoir Djerba sous un prisme autre que le balnéaire»

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Le DMO, abréviation de Destination Management Organisation, est un nouveau  concept qui fait fureur dans plusieurs pays du monde, vient de faire son entrée en Tunisie. Sachant s’adapter aux spécificités de chaque région et territoire, le DMO est l’outil idoine qui permet de promouvoir la diversité touristique de la Tunisie. Islem Djerbi, Manager de marketing et de promotion à DMO Djerba, apporte son éclairage sur le sujet.

Commençons d’abord par définir le concept du DMO qui est encore nouveau en Tunisie?

Le DMO est un organisme de gestion et de promotion des destinations. C’est un concept qui fait fureur, dans plusieurs pays, surtout au Canada et en Suisse. C’est un outil de marketing territorial qui vise à mettre sur pied une identité, image de marque de la destination. On peut créer un DMO pour une région, un village ou même un endroit comme Disneyland, qui peut constituer, à elle seule, un DMO. Donc, le territoire du DMO doit être défini, et ce faisant, va être géré après avoir établi une marque et fixé les objectifs à atteindre. Le concept vise à décentraliser la promotion touristique des régions en Tunisie parce qu’on ne peut pas promouvoir l’ensemble du pays de la même manière. Les atouts de Aïn Draham ne sont pas les mêmes que ceux de Djerba ou de Sousse. Le territoire tunisien se caractérise par des diversités qu’on doit mettre en valeur et le DMO est le moyen idoine pour le faire. Chaque destination peut, aussi,  se focaliser sur des aspects particuliers qu’elle trouve intéressants. Par exemple, parmi les objectifs du DMO de Djerba, il y a le prolongement de la saison touristique. 

Quel était l’apport concret de ce  nouvel organisme  à la destination ?

Le DMO est entré en activité en avril 2021.  C’est un organisme public-privé qui regroupe des représentants des ministères de la Culture et du Tourisme, outre la municipalité de Djerba et les professionnels du tourisme, notamment les hôtels, les agences de voyages, les artisans, les restaurants, les maisons d’hôte, les guides touristiques ainsi que les associations opérant dans le secteur du tourisme. Tous les intervenants se sont réunis pour promouvoir la destination et mettre en place le DMO. C’est une association (son format juridique) qui est composée d’un président, un trésorier ainsi que de diverses commissions, notamment de marketing, de tourisme durable et d’événements. Elle est dotée d’une équipe exécutive qui travaille sur l’ensemble des projets. Au début, il fallait organiser plusieurs réunions pour faire comprendre à toutes les parties prenantes ce nouveau concept, son intérêt, ses avantages et surtout la différence entre le commissariat au tourisme et le DMO. Nous sommes, en effet, un organisme fédérateur qui regroupe toutes les parties prenantes. Le recours aux DMO pour la réalisation des projets touristiques au profit de la destination permet, en effet,  de s’affranchir de la lourdeur et la complexité administrative. Donc, le DMO est un gage d’une meilleure flexibilité dans la réalisation des projets, mais c’est toujours avec l’approbation du ministère, en l’occurrence le commissariat au tourisme. Aujourd’hui, la Tunisie compte cinq DMO, à savoir Dhaher, Djerba, Mahdia, Zaghouan et Tunis-Carthage. Pour le DMO Djerba, on commence à voir des résultats. Le changement est perceptible. Car plusieurs actions public-privé ont été engagées, telles que l’exploitation d’une huilerie souterraine détenue par la municipalité de Midoun et la signature d’une convention permettant la mise en place  de points d’informations touristiques dans les municipalités de Midoun, Houmt Souk et Medjine. Ce sont des actions  qui visent à promouvoir davantage l’île de Djerba, bien sûr mis à part le côté marketing promotionnel sur lequel nous comptons.

Quelles sont les difficultés rencontrées par le DMO Djerba, notamment en matière de marketing territorial ?

Le plus grand défi était de réussir ce changement de mentalité par rapport à l’image de Djerba en tant que destination touristique balnéaire. C’est-à-dire, on devait réfléchir à promouvoir Djerba sous un prisme autre que le balnéaire et à mettre en valeur les volets sportif, culinaire (d’ailleurs, c’est l’un des atouts sur lesquels nous avons misé, dès le début), culturel… etc. On a voulu démontrer que Djerba est une destination pour toutes les saisons et mettre en avant le climat clément de l’île, tout au long de l’année. On a organisé, aussi, des événements hors saison. On essaie, à travers ces actions, d’encourager le touriste à visiter l’île, essayer le street food et découvrir les autres facettes de l’île loin de l’hôtel. On a également lancé notre application mobile “Djerba Guide” que le touriste peut télécharger à son arrivée à Djerba et où il peut trouver toutes les bonnes adresses. L’application sert à pallier le manque d’information qui empêche souvent les touristes de profiter pleinement des destinations visitées.

Quels sont les projets futurs du DMO Djerba?

Je rappelle d’abord que nous venons de publier  un ouvrage qui s’intitule “Djerba l’île aux saveurs” qui a été primé comme le meilleur livre touristique au monde. Et actuellement, on est en train de poursuivre le travail sur le volet culinaire. On va créer de nouveaux circuits pour sortir des sentiers battus. On veut y intégrer les huileries souterraines et mettre en place des ateliers de cuisine et autres de préparation de produits cosmétiques à base d’huile d’olive. On est également en train d’ouvrir des points d’information touristiques, dans les trois municipalités de l’île, de poursuivre nos actions promotionnelles et d’être présents à tous les événements, notamment à l’international.

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