Place à l’action efficace

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Editorial La Presse

 

DES tout petits aux grands ados, quelque 2 millions 365 jeunes retrouvent le chemin de l’école en ce 15 septembre. Pour les familles tunisiennes, qui ont toujours placé la scolarité des enfants au sommet des priorités, la rentrée des classes représente un évènement national, médiatique et politique.

Méticuleusement examinée, cette nouvelle rentrée représente un test de plus pour le ministre de l’Education, Mohamed Ali Boughdiri, qui a fait preuve d’habileté tout au long de la crise qui a secoué l’année scolaire 2022-2023. Il a été soutenu en cela, il est vrai, par sa longue expérience du fait syndical, par une reprise en main de l’Etat et par un rejet populaire de plus en plus prononcé des dérives syndicales de toutes sortes.

Cette année est particulière. De grandes réformes s’y préparent et une consultation nationale sera lancée théoriquement aujourd’hui. Quoique nous n’y voyions pas grand intérêt. Réformer le système éducatif national est une affaire sérieuse et pointue. Hormis les experts et les pouvoirs publics à qui revient la responsabilité de financer ou non les nouvelles mesures, brasser large en impliquant ceux qui ont des avis sur tout, sans en avoir forcément l’expertise est une perte de temps et d’argent. Les expériences précédentes le démontrent bien.

A contrario, de tous les tests internationaux sur l’évaluation des systèmes éducatifs, la Finlande caracole toujours parmi les premiers. Avec la Corée du Sud, elle aussi très bonne élève dans les classements mondiaux, et Singapour, autrement désigné par l’« école mondiale », étant classé n°2 en Asie pour la qualité de l’enseignement.

Comme nous n’allons pas réinventer la roue, pourquoi ne pas lancer des coopérations bilatérales avec des pays qui ont fait leurs preuves en la matière ? Pourquoi ne pas inviter leurs experts qui ramèneraient dans leurs bagages pratiques et procédés ? Pourquoi ne pas les adapter, à marche forcée, au contexte tunisien ? La nonchalance, l’opportunisme et l’amateurisme en moins. Au lieu de perdre son temps à demander leurs avis aux uns et aux autres.

La performance, l’efficacité, le contrôle et l’évaluation de l’action publique sont, in fine, les seuls paramètres dont il faudra tenir compte pour lancer les grandes réformes du modèle de développement, de l’administration et de l’éducation. Nous avons trop parlé et théorisé, place désormais à l’action efficace.

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