Migration irrégulière: La région de Sfax secouée par de violents affrontements entre migrants

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Les récents et graves incidents liés à la présence de migrants subsahariens en situation irrégulière à El Amra (Sfax) ne font qu’alimenter les craintes des habitants. Les heurts observés dans le village d’El Hmaizia témoignent de la recrudescence de la violence des migrants entre eux. Ils seraient plus de 17 mille migrants dans un village de 700 habitants.


Il ne se passe pas un jour sans qu’on entende parler d’actes de violence ou de délits commis par quelques migrants subsahariens en situation irrégulière en Tunisie. Les capacités d’intervention des unités sécuritaires sont quotidiennement mises à rude épreuve. Certes, les migrants ne se comportent pas tous de la même manière. Sauf que les graves incidents qui ont eu lieu ces derniers jours doivent être pris en considération dans le cadre de la lutte contre la migration clandestine, dans le but de rassurer les habitants dans certaines régions prises d’assaut par les migrants subsahariens en situation irrégulière.

Des scènes choquantes  

L’inculpation récente de deux migrants subsahariens pour meurtre avec préméditation de deux bergers tunisiens a choqué l’opinion mais, vraisemblablement, pas les représentants de certaines ONG nationales et internationales qui ne ratent aucune opportunité pour critiquer la politique nationale en matière de lutte contre ce phénomène. Un autre incident enregistré quelques jours après dans la région El Hmaizia, délégation d’El Amra (Sfax) est venu confirmer les craintes des citoyens à la suite de violents affrontements survenus ce mercredi entre des groupes de migrants subsahariens.

Des blessés ont été évacués et conduits à l’hôpital Habib Bourguiba à Sfax. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, l’affrontement entre plus d’une centaine de migrants appartenant à deux groupes différents armés de haches, de bâtons et  de pierres, sous le regard incrédule de certains habitants d’El Hmaizia, est une scène surréaliste digne d’un film  d’action. Ce village côtier longtemps paisible paie aujourd’hui le prix de sa proximité de l’île italienne de Lampedusa, ce qui explique la présence de milliers de candidats à l’immigration clandestine dans cette zone.  

Que cachent les agressions entre Subsahariens de plusieurs pays ?

L’importante présence des unités sécuritaires sur les lieux avec l’arrivée des renforts a permis un retour progressif à la normale. S’agit-il de querelles entre gangs ? Ou d’une manœuvre consistant à tester le degré de riposte des unités sécuritaires ? Non, rien de tout cela. Les raisons  en sont tout autre, explique le militant de la société civile Mohamed Ben Farah à El Amra en réponse à notre journal.

Selon lui, il s’agit en apparence de différends autour de grosses sommes d’argent consacrées à une traversée clandestine qui a vraisemblablement échoué. Les affrontements ont mis face à face des Ivoiriens et des Guinéens, ajoute-t-il. Au-delà de ce grave incident, notre interlocuteur souligne que l’affaire est beaucoup plus complexe et qu’il faut l’aborder sous d’autres angles d’analyse. A ce propos, il nous confie que ce sont les Nigérians et les Soudanais qui ont pris actuellement la relève et qui sont à la tête des réseaux d’organisation des traversées et non plus les Tunisiens. Même au niveau de la fabrication des barques en métal, ce sont les Nigérians et les Soudanais qui ont pris les choses en main.

Les habitants ont dû fuir leurs maisons 

Mohamed Ben Farah alerte à ce propos que le nombre de candidats à la migration clandestine dépasse actuellement et de très loin celui des habitants d’El Hmaizia. Au moment où le nombre de migrants subsahariens est estimé à 17 mille, celui des habitants de ce petit village ne dépasse pas les 700. Il ajoute que ces habitants ont dû fuir leurs maisons au moment des affrontements. Ils n’ont pu y retourner qu’après l’arrivée en grand nombre des unités de sécurité.

Ce qui se passe actuellement n’est pas normal, d’autant qu’ils peuvent compter sur des sources de financement qui seraient disponibles à l’intérieur de notre pays, met en garde Ben Farah.  

Dans le cadre de la lutte contre ce phénomène, soulignons les efforts déployés, de jour comme de nuit, par les forces de l’ordre. Récemment, les unités de la Garde nationale à Sfax ont pu mettre en échec 11 tentatives de migration clandestine, arrêter 9 personnes recherchées et réquisitionner plusieurs équipements utilisés dans le cadre du franchissement illégal des frontières maritimes. 

Depuis le 1er janvier et jusqu’au 30 avril, 751 tentatives de migration clandestine avaient été déjouées (756 en 2023) et 529 entre passeurs et intermédiaires arrêtés (203 en 2023). 291 cadavres avaient été repêchés dont quatre Tunisiens (572 en 2023 dont 18 Tunisiens).

Le nombre de migrants subsahariens qui ont opté pour un retour volontaire dans leurs pays depuis le début de l’année en cours est d’environ 2500, selon la direction générale de la Garde nationale

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