Tourisme alternatif et durable: Les fédérations professionnelles appellent à réformer le secteur

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La Fédération tunisienne des agences de voyages (Ftav) a lancé une étude en collaboration avec l’association allemande des voyagistes DRV pour examiner les obstacles juridiques entravant le développement  du tourisme alternatif et durable en Tunisie.


Les recommandations d’une étude portant sur les obstacles juridiques au développement du tourisme alternatif et durable ont été dévoilées, hier, lors d’une conférence de presse organisée conjointement par quatre fédérations professionnelles du tourisme, à savoir la Ftav, la FTH, la Fi2t et la Ftgat.

Cette étude s’inscrit en effet dans le cadre d’un projet mené par l’association allemande des voyagistes  DRV en partenariat avec la Fédération tunisienne des agences de voyages (Ftav), qui a démarré en 2019 et qui vise à soutenir et à appuyer les acteurs du tourisme en Tunisie. Présentant la démarche d’étude, l’avocat Wassim Allouche a expliqué que celle-ci a permis de dresser un état des lieux de la réglementation relative au tourisme alternatif et d’en évaluer l’efficacité.

L’analyse d’une centaine de lois, décrets et arrêtés composant l’arsenal juridique régissant ce secteur a révélé, selon Allouche, un cadre fragmenté et éparpillé, une multitude d’intervenants et de parties prenantes ainsi que des procédures administratives lourdes. Il a affirmé que la complexité des formalités administratives a favorisé l’expansion de l’informel dans le secteur de l’hébergement touristique alternatif. Actuellement, en Tunisie, sur plus de 2.000 maisons d’hôtes et de gîtes ruraux, 108 seulement détiennent des autorisations. Le métier de guide touristique, un maillon important de cette chaîne de valeur, est aussi confronté à de multiples  difficultés : un statut obsolète qui n’est plus en phase avec les besoins du marché touristique, une multitude d’autorisations requises par les autorités régionales ainsi que des problèmes de couverture d’assurance.

L’étude a permis donc de définir quatre principales recommandations: l’unification des textes réglementaires et l’instauration d’un code du tourisme; la simplification des procédures administratives par la mise en place d’une plateforme numérique qui centralise tous les processus pour les promoteurs; l’accompagnement technique et financier des acteurs du tourisme durable dans le cadre d’un partenariat public-privé et enfin l’instauration d’un label pour les projets du tourisme durable. Le président de la Fi2T, Houssem Ben Azouz, a souligné, à cet égard, le potentiel du secteur, surtout avec l’essor de l’hébergement alternatif en Tunisie dont le taux de pénétration a atteint 9%. Il a pointé, cependant, le décalage qui existe entre les législations en vigueur et la réalité vécue par les promoteurs. Soulignant que la crise du Covid a marqué un tournant pour le secteur du tourisme dans le monde et que les touristes sont de plus en plus en quête d’expérience immersive et de contact avec les habitants locaux, Mehdi Hachani, président de la Fédération tunisienne des guides agréés du tourisme (Ftgat), a appelé à assouplir le statut du guide touristique.

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