Central Tunis présente l’exposition «En apesanteur» de Soumaya Nakouri : vers un idéal émotionnel

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Tel un retour à des couleurs primaires qui permet ensuite de décliner une palette en une infinité de couleurs, les œuvres de Nakouri arborent ainsi des couleurs tour à tour sages et malicieuses, à l’image du kaléidoscope émotionnel qui forme nos vies…

Central Tunis présente, jusqu’au 22 juin 2024, l’exposition personnelle de l’artiste franco-tunisienne Soumaya Nakouri intitulée «En apesanteur», réalisée avec la participation de l’artiste Philippe Van Eetvelt et des élèves de l’école primaire Jean Jaurès.

Née à Tunis en 1985, Nakouri est une artiste autodidacte. Elle s’est formée à la peinture, en parallèle à des études en pharmacie à Paris. Deux formations qui, au préalable, ont peu de choses en commun, mais qui lui ont permis de structurer sa personnalité, de mettre de la rigueur dans sa propension au rêve, et de la liberté dans la rigidité de la pensée scientifique.

Dans sa pratique artistique, elle a d’abord réalisé des œuvres contemporaines dans un style de nouvelle figuration. Elle s’est ensuite consacrée à la peinture abstraite en travaillant avec des pâtes de structure, mélangées au sable et aux déchets de bois. L’artiste met en avant dans ses toiles un effet de matière tumultueux qui contraste avec les aplats de couleur évoquant une plénitude, une paix retrouvée.

Depuis son retour en Tunisie, elle expose depuis 2020 à Tunis et à l’étranger et participe régulièrement à des expositions collectives.

Dans sa nouvelle exposition «En apesanteur», elle explore la complexité et l’épreuve que représente la gestion des émotions à l’âge adulte, en invoquant une grammaire enfantine, celle de l’association de six émotions dans un manuel pour enfants à un code couleur fixe : sérénité, colère, peur, joie, amour et tristesse. Et tel un retour à des couleurs primaires qui permet ensuite de décliner une palette en une infinité de couleurs, les œuvres de Nakouri arborent ainsi des couleurs tour à tour sages et malicieuses, à l’image du kaléidoscope émotionnel qui forme nos vies…

L’apesanteur, qui est définie comme un instant de grâce, de légèreté, où l’on flotte en défiant les lois de la physique, renvoie aussi à l’instant d’attente où nos mouvements au ralenti nous imposent leur rythme et nous éreintent. Mais, dans cette exposition, l’apesanteur n’est pas qu’un moment suspendu, nous dit-on, mais «toute une chronologie d’apprentissage, pour montrer les tentatives méthodiques —et, sans doute, parfois un peu désespérées— d’atteindre un idéal émotionnel qui nous est extérieur et qui nous paraît parfois hors d’atteinte justement».

Un cheminement qui devrait, selon l’artiste, nous amener à comprendre qu’il nous faut viser non l’idéal philosophique dérisoire de l’ataraxie, ni une maîtrise —entendue comme pure domestication— des sentiments, mais un équilibre sensible : celui d’une quotidienne négociation avec nos émotions, quelles qu’elles soient, pour atteindre enfin une sérénité toute en contrastes et en équilibres.

L’exposition constitue l’aboutissement d’une résidence artistique entamée par Soumaya Nakouri et Philippe Van Eetvelt à Central Tunis en août 2023. Van Eetvelt est un artiste conceptuel qui s’intéresse dans son travail aux relations complexes entre les humains et la technologie, à travers le prisme du chaos, de l’environnement et de la nature humaine. Belge-Canadien, il est actuellement basé à Montréal où il continue de développer un travail inspiré par l’interaction entre l’humanité et la technologie.

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