Meriem Elloumi, vice-présidente de la TAA : «La décarbonation, un enjeu majeur pour l’industrie des composants automobiles»

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Avec un taux d’intégration de 42%, la Tunisie se positionne comme un acteur clé dans les chaînes de valeur automobiles européennes, tout en cherchant à surmonter les enjeux de l’électromobilité, de la durabilité et de la décarbonation.

Rencontrée en marge du forum de codéveloppement industriel, tenu récemment à Tunis, Meriem Elloumi, vice-présidente de «Tunisian Automotive Association» (TAA), a souligné, dans une déclaration à La Presse, l’importance des chaînes de valeurs régionales, une thématique qui a été mise en avant lors des débats. Elle a ajouté qu’aujourd’hui, l’intégration de la Tunisie, un partenaire naturel et traditionnel historique de la France dans le domaine de l’industrie, surtout automobile, dans ces chaînes de valeur, est un enjeu majeur.

Car l’industrie tunisienne des composants automobiles doit aujourd’hui faire face à des enjeux d’électrification, de décarbonation et d’automatisation. Des défis de taille mais que la filière peut relever avec brio, étant donné le savoir-faire qu’elle a pu acquérir.  «Ces enjeux sont de plus en plus importants, parce qu’on est très intégré dans la chaîne de valeurs automobile. En Tunisie, on a un taux d’intégration locale de 42%, c’est-à-dire qu’on est capable de produire 42% de ce qui se trouve dans un véhicule, ce qui est très intéressant pour les constructeurs et les grands producteurs de composants. Pour nous, les défis, maintenant, c’est de faire face à l’électromobilité, la connectivité, la voiture autonome, mais surtout la durabilité avec la nécessité pour les entreprises de travailler sur la décarbonation», a-t-elle indiqué.

Et de poursuivre : «Pour ce faire, nous avons besoin du soutien de notre gouvernement, mais également de renforcer les partenariats avec l’Europe pour continuer à faire perdurer notre partenariat. Les entreprises tunisiennes doivent améliorer leur mix énergétique. Cela suppose un effort au niveau de la Tunisie, parce qu’aujourd’hui on est à 4% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique, alors que certaines plateformes de constructeurs, telles que BMW, exigent 100% d’énergie propre, ce qui élimine d’office les usines tunisiennes». Elloumi a, en outre, indiqué que les discussions avec le ministère de l’Industrie en vue de faciliter les réglementations et les conditions de mise en œuvre des projets photovoltaïques vont bon train. Évoquant le pacte de partenariat public-privé relatif au secteur automobile, la vice-présidente de la TAA a fait savoir que le secteur privé souhaite intégrer la dimension développement durable afin de prendre en compte tous les défis liés à la décarbonation. Elle a ajouté que beaucoup de mesures décidées dans le cadre de ce pacte ont déjà été finalisées, notamment les mesures qui incombent au secteur privé. «Nous, en tant que TAA, nous avons initié des actions pour soutenir nos membres, sur des projets de développement durable.

L’objectif est d’aider les entreprises à calculer l’empreinte carbone par pays, à faire des installations photovoltaïques, à mettre en place une démarche RSE, à faire du reporting, désormais une obligation pour les entreprises. Donc il faut commencer à se préparer. Et ce qui était très positif lors de la dernière réunion avec Mme la ministre, c’est qu’elle a laissé entendre un très fort intérêt de la part du gouvernement aussi. Espérons qu’on pourra concrétiser ces actions et faire de cet axe de la durabilité peut-être un nouveau pilier du pacte», a-t-elle conclu.

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