Après le succès aux émirats Arabes Unis : La distinction de l’huile d’olive tunisienne entre savoir-faire et petits secrets

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Cette victoire de l’huile d’olive made in Tunisia, la troisième consécutive en l’espace de deux mois seulement, a été obtenue devant un quatuor, pourtant parmi les plus réputés au monde, en l’occurrence l’Espagne (2e), le Brésil (3e), la Grèce (4e) et l’Italie qui ferme la marche à la 5e place. Sachant que les deux autres succès ont eu pour théâtre la Suisse (32 médailles, dont 26 médailles d’or) et le Danemark (30 médailles).

Le succès est sans appel !  Une haute distinction de la Tunisie rendue spectaculaire par le nombre de prix obtenus. En effet, la moisson est bonne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 60 médailles d’or remportées, réparties comme suit : 47 dans la catégorie de la qualité, 8 autres en or pour la meilleure huile d’olive saine dans le monde et 5 médailles réservées aux huiles aromatisées, sans oublier trois médailles supplémentaires d’argent.

C’était lors du dernier concours afro-asiatique de l’huile d’olive extra vierge saine organisé récemment à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis par le groupe suédois «Concours internationaux d’huile d’olive».  Une manifestation marquée par une forte participation de plus de 100 entreprises venues de 14 pays, ce qui a donné lieu à une concurrence serrée.

Cette victoire de l’huile d’olive made in Tunisia, la troisième consécutive en l’espace de deux mois seulement, a été obtenue devant un quatuor, pourtant parmi les plus réputés au monde, en l’occurrence l’Espagne (2e), le Brésil (3e), la Grèce (4e) et l’Italie qui ferme la marche à la 5e place. Sachant que les deux autres succès ont eu pour théâtre la Suisse (32 médailles, dont 26 médailles d’or) et le Danemark (30 médailles).

Et ce n’est pas tout. Un mois plus tôt, l’huile d’olive nationale conditionnée s’est illustrée à New York aux Etats-Unis d’Amérique où les exportateurs tunisiens ont raflé pas moins de 26 médailles, dont 12 en or et 14 en argent au concours international Nyiooc 2024.

La quantité de l’huile d’olive conditionnée exportée reste faible

Mais la Tunisie n’a pas récolté que des prix et des médailles. L’Office national de l’huile (ONH) vient de révéler que les recettes d’exportation d’huile d’olive tunisienne pour la campagne 2023-2024 ont augmenté de 89% et ce comparées à la même période de la campagne 2022-2023.

La Tunisie a, effectivement, amélioré ses exportations, en réalisant 1.486.734 tonnes pour une valeur de 3.963 millions de dinars dont 18.089 tonnes d’huile d’olive conditionnée pour une valeur de 523 millions de dinars.

Cette situation révèle, toutefois, une vulnérabilité intrinsèque, puisque la quantité d’huile d’olive conditionnée exportée reste faible, avec seulement 37% de la totalité exportée. Ceci entraîne un manque à gagner dans le sens où la Tunisie aurait pu engranger des sommes considérables et une meilleure visibilité de l’huile d’olive nationale.

D’ailleurs, force est de constater que de nombreux pays étrangers profitent de l’huile tunisienne en la conditionnant et en la commercialisant sur les marchés internationaux, en y apposant leur marque sans citer le pays d’origine.

Troisième producteur mondial après l’Espagne et l’Italie

C’est pourquoi les spécialistes du secteur proposent la mise en place d’un système de production et d’exportation performant, afin de faire de notre pays le premier exportateur à l’échelle mondiale et bénéficier pleinement des avantages de l’huile d’olive tunisienne réputée pour sa qualité exceptionnelle.

Il s’agit là d’une longue et riche histoire dans la culture oléicole dont peut se prévaloir la Tunisie, actuellement troisième producteur mondial après l’Espagne et l’Italie. Cette année, et selon le ministère de l’Agriculture, la production est estimée à 1 million de tonnes d’olives, l’équivalent de 200 mille litres d’huile, soit une augmentation de 11% de plus en comparaison de la saison 2022/2023.

De plus, ce que la majorité des Tunisiens ignorent peut-être ce sont les diverses étapes par lesquelles passe l’olive avant de devenir ce précieux liquide doré d’une pureté incomparable.

Un cultivateur chevronné et passionné de la région du Sahel a bien voulu nous parler de certains des secrets bien gardés pour obtenir un produit final de haute qualité. «Le choix du timing du labour de la terre est de la plus haute importance ainsi que la nature des engrais en évitant au maximum l’option des intrants chimiques au profit de ceux naturels, dits organiques», prend-il plaisir à nous raconter.

Un procédé délicat

Ainsi, le mois de décembre (connu par l’appellation bien de chez nous Elliali el bidh, les nuits blanches) est le plus propice pour préparer la saison, lors de la période dite du «sommeil», par les variétés connu pour être les meilleures, à savoir le «chemlali», le «sahli», le «oueslati», «el guim», le «sahli gafsi», le «coronaïki» ainsi que les variétés importées d’Italie et d’Espagne». Et notre oléiculteur d’enchaîner: «On reste vigilant en assurant le traitement de la terre et de l’arbre, des mois durant, notamment contre le fléau le plus redoutable connu sous le nom d’el hamra».

Puis vient le temps de la cueillette des olives qu’il ne faut pas prolonger, puisqu’il faut porter les olives au pressoir, dans les 48 heures suivant leur récolte. Bien entendu, après les avoir nettoyées et lavées, on les fait passer au pressoir qui se chargera de finaliser l’étape du lavage. Mais il ne faut pas oublier de placer les olives dans des endroits à l’abri de la lumière et du soleil.

La pression terminée, l’huile d’olive est envoyée chez les conditionneurs pour la mise en bouteille avant l’exportation, alors que la partie restante est écoulée en vrac aussi bien pour la consommation locale ou pour l’exportation en vrac également. Le conditionnement sera fait à l’étranger. Et notre interlocuteur de conclure, fièrement : «Il s’agit là de ficelles et de petits secrets que peu de gens connaissent, à part ceux qui ont grandi dans le milieu et avec les oliviers».

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