Guerre au Moyen-Orient : Prions pour que soit évité un remake de Gaza

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Les développements inquiétants, ces dernières heures, de la situation au Moyen-Orient sont de nature à faire craindre l’extension du conflit au Liban.

Le monde retient son souffle,  l’extension de la guerre que subit Gaza jusqu’au Liban n’a jamais été aussi probable qu’en ce moment. Pour certains observateurs, c’est plus qu’une probabilité, c’est tout simplement une question de jours, voire d’heures.

Pas plus tard qu’avant-hier, deux faits d’une gravité certaine se sont produits, qui le confirment. A commencer par le discours menaçant du leader chiite du Hezbollah. En effet, Hassen Nasrallah, depuis son bastion dominant au sud de Beyrouth, et acclamé sans arrêt par des centaines de ses partisans, a soufflé le chaud et le froid. Tout en disant qu’il refuse d’aller à la guerre, il a laissé la porte ouverte à la confrontation, en promettant «une dure correction à Netanyahu, au cas où celui-ci s’aventurerait à attaquer le sud du Liban». Ne tarissant pas d’éloges à l’égard de ses combattants «pour leur héroïsme», il a fait, avec son calme coutumier et sa ruse de vieux renard, deux révélations sensationnelles à prendre très au sérieux : les renforts en armes, en nombre suffisant, acheminés à son mouvement «au nez et à la barbe du Mossad», et la réussite de son avion-espion «Hodhod» dans sa pourtant délicate mission de repérage des points et objectifs stratégiques en Israël.

Et l’homme fort du Hezbollah de conclure laconiquement en avertissant : « Chaque missile que nous tirerons atteindra, cette fois, son but, avec zéro faute. C’est promis». Et, unanimes, les patrons des services de renseignements occidentaux affirment que le mouvement possède un «énorme stock de fusées et de drones sophistiqués capables d’atteindre Tel Aviv».

Une tension qui va crescendo

Quelques minutes à peine après ce discours enflammé qui a été suivi d’une grande marche des proxys du parti, ce dernier compterait plus de trente mille combattants, la riposte israélienne ne s’est pas fait attendre. Le premier à monter au créneau a été le chef suprême de Tsahal qui a promis au Hezbollah le pire des châtiments. « Vous allez voir avec quelle puissance de feu nous allons mener la guerre qui sera sans pitié.»

Déjà, la tension allait, ces dernières semaines, crescendo entre les deux belligérants, dans le sillage des bombardements non-stop, par Hezbollah au sud d’Israël où l’on a recensé plus de 50 missiles lancés, qui ont causé des dégâts et surtout des incendies, ce qui a poussé le ministre de la Défense sioniste à «jurer de mettre tout le Liban, et pas seulement son sud, à feu et à sang. Une réaction tout à fait « en symbiose avec la position de «Bibi» qui, fin mai, promettait à Beyrouth un remake de Gaza.

A l’heure où les nerfs sont à fleur de peau dans les deux camps et face à l’échec des appels à la retenue et à la désescalade émanant des États-Unis et des bons offices de la France, une extension du conflit est à craindre, car il va sans dire qu’en cas de nouvelle guerre au Liban qui pourrait, faut-il le souligner, entraîner l’intervention de l’Iran, le plus compétent des experts ne pourrait ni en prévoir l’issue ni imaginer l’ampleur des conséquences. Prions donc pour que la tragédie de Gaza ne se reproduise pas dans le pays du Cèdre.

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