Les arnaqueurs du Hadj !

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Editorial La Presse

 

LA culture du marché parallèle vient d’atteindre le circuit du Hadj à La Mecque ! En effet, des rabatteurs qui fonctionnent comme des chasseurs de primes exploitent le désarroi de ceux qui ont candidaté pour visiter les Lieux Saints depuis des années et qui attendent encore une réponse positive.

Comment fonctionnent ces agences de voyages clandestines et hors de tout contrôle ? Tout simplement via des pages facebook, en publiant des annonces pour le Hadj  hors  circuit traditionnel, à savoir hors autorisation  et avec un visa touristique. Et elles finissent par l’obtenir, ce visa ! Mais un visa pour un Hadj parallèle.  Les conséquences sont catastrophiques comme l’attestent les derniers évènements : 35 pèlerins tunisiens ont trouvé la mort à cause de la canicule, des centaines d’autres sont perdus.  Et si  certains ont été retrouvés, c’est en partie grâce à des Tunisiens qui vivent dans le Royaume et qui connaissent bien le pays. Ces derniers ont créé un groupe et se sont dispersés avec leurs propres voitures à la recherche de leurs concitoyens. Il ne faut pas oublier non plus le rôle très important joué par le consulat tunisien à Djeddah dans ce sens.

Au Hadj sans autorisation officielle, l’accès aux installations climatisées est interdit. C’est ce qui a   alourdi le bilan des Tunisiens qui sont passés de vie à trépas sous des températures de plus de 50 degrés Celsius. Ces agences de voyages clandestines ont-elles une responsabilité juridique  à endosser ? C’est peu probable. On croit savoir que  la plupart de ces agences clandestines se trouvent dans le Sud tunisien, dans des endroits où la Ftav (Fédération tunisienne des agences de voyages) n’est pas représentée. La Ftav a d’ailleurs déclaré que ces agences, constituées d’intrus, ne la représentent pas.

Le Hadj 2024 sera marqué comme une date tragique pour plusieurs pays arabes, dont la Tunisie. Il est donc impératif pour les autorités compétentes de démanteler de tels réseaux et de mettre fin à cette arnaque. Il est important également de réviser le coût du Hadj qui est passé de 17 mille dinars en  2022 à 20 000 cette année,  soit une hausse de 3 000 dinars en deux ans. Le pèlerin tunisien paie plus que ceux des pays voisins. Et c’est ce qui le pousse entre autres à se rabattre sur les circuits parallèles et à se faire arnaquer. 

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