La cochenille : Et si on en faisait une richesse ?

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La cochenille a encore frappé. Une nouvelle zone est infectée et encore une fois, c’est un petit peu l’affolement. A se poser la question à propos de ce que feront les producteurs de cochenilles pour les besoins de l’industrie alimentaire ou autres domaines, qui font de ce «parasite» une… richesse.

Cette fois ci, c’est une zone de Kasserine qui a été infestée. Comment? De quelle manière? Cela importe peu. Il s’agit d’agir et d’éviter de regarder en arrière. Ce fléau ne perd pas de temps. Il faut faire de même. Les cochenilles qui apparaissent sur les figuiers de Barbarie ont peut-être été «importées» par des troupeaux de moutons qui les ont ramenées d’une autre zone donnée, collées à leur pelage en laine ; dans un pot de terre dans lequel on a voulu transplanter un arbuste ou d’une autre manière. Cela importe peu. De toutes les manières, il nous semble nécessaire d’éviter de baisser la garde et de surveiller les transhumances des troupeaux à la recherche d’herbe dans ces pâturages où il n’y a pas de limite.

Protéger les zones saines

Il n’en demeure pas moins vrai que ces foyers d’infection qui apparaissent au moment où on s’y attend le moins ne sont pas normaux. Des  précautions ont sans doute été prises et le contraire nous surprendrait, mais il s’avère que c’est insuffisant. Il y a toujours cette désinvolture qui pénalise et à laquelle on accorde si peu d’importance. Les figues de Barbarie ont été, au tout début, un cadastre traditionnel, un moyen de marquer les limites entres voisins limitrophes. Il faudrait maintenant que ce fléau menace et que nous n’avons plus de files mais de véritables plantations, penser à les protéger  par des barrières, en fil de fer barbelés, par exemple, pour empêcher les passages de troupeaux et la circulation des personnes étrangères, qui pourraient amener de quoi faire un ravage. Cela suppose des investissements, mais tout dépendra des mesures à prendre pour lutter par des moyens locaux en traitant avec des solutions à base de savon noir, de bicarbonate de soude ou autres mixtures pour se débarrasser de la cochenille, nous a précisé un ingénieur agronome.

Il est certain que la lutte biologique qui a déjà commencé est le meilleur moyen de mettre un terme, du moins contrôler et limiter les zones d’infestation.

Une richesse quand même

La figue de Barbarie qui nous vient, rappelons-le, du Mexique lors de l’occupation de Tunis par Charles Quint,  on a voulu l’acclimater en Afrique et c’est ainsi qu’on a pris en charge une quantité de palettes, dans les soutes des navires, pour cultiver «l’or rouge» des Indiens. La  poudre de cochenille qui donne cette couleur rouge carmin écarlate si précieuse utilisée par les peintres.  Ce colorant naturel est classé alimentaire non toxique,

Des experts ont alerté sur les risques de propagation de la cochenille carmin, un ravageur transfrontalier, qui met en péril les cultures de figue de Barbarie et les activités économiques et commerciales qui y sont liées en Tunisie.

Mais pourquoi ces experts n’ont-ils pas attiré l’attention sur les aspects positifs de ce «fléau» qui, au Mexique et dans un certain nombre de pays est devenu une véritable industrie ?

Allez le savoir !

Le carmin de la cochenille du figuier, d’après les connaisseurs est en voie de supplanter le Kermes vermilio qui est issu du chêne Kermès ou Kermès

des Teinturiers rouge cramoisi, xxxxxxxxx quirmiz, Crimson, carmine, carmin… La véritable pourpre des rois, d’après le Docteur Leila Ben Youssef qui a pris part à la conférence organisée à Mexico et à l’issue de laquelle on a soulevé ce problème.

Sans complexes

Les responsables du secteur devraient quitter les sentiers battus, se rapprocher de ceux qui ont l’expertise grâce au vécu de ce genre de situation et bénéficier de leur expérience.

Le Mexique a assuré à la délégation scientifique tunisienne présente à Mexico qu’il est prêt à donner un coup de main à notre pays dans sa lutte contre ce fléau, vu que nous cultivons ses figues de Barbarie que les Espagnols ont introduites chez nous en 1535.

Ce pays possède des souches qui résistent à ce genre de maladie et est producteur de carmin, qui sert à l’industrie alimentaire et dont la valeur est hautement rentable. Comment fait-il ? Son expertise est donc à explorer pour mettre en place une nouvelle industrie à la valeur ajoutée reconnue.

La lutte biologique

Elle s’est imposée. Les responsables tunisiens ont demandé l’aide de la FAO. Un premier contingent de coccinelles dévoreuses de cochenilles a été livré et certainement envoyé là où c’est le plus urgent. Il nous semble qu’il  faudrait appliquer le proverbe chinois qui dit «Ne me donne pas un poisson mais apprends-moi à pêcher». Nous devons apprendre à élever des coccinelles. Dans bien des pays, des familles, des fermiers, le font pour protéger leurs vergers ou leurs jardins. Qu’y a-t-il de génial à le faire ?

La mise en place de sociétés citoyennes qui auraient à élever, fournir et même exporter ces bestioles tient-il du rêve ? Absolument pas.

Cette cochenille qui est devenue un véritable fléau, nous pourrions la contrôler par la lutte biologique avec des élevages de coccinelles, tout en envisageant le lancement d’une industrie du carmin.

Nous sommes convaincus que les jeunes Tunisiens et Tunisiennes, une fois motivés, sont en mesure de transformer ce fléau en richesse, une plus-value qui servira les intérêts de bien des parties prenantes.

A la condition formelle d’éviter de leur mettre des bâtons dans les roues, en leur assurant la formation et en leur facilitant l’accès aux crédits.

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