Le processus de guerre

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Editorial La Presse

 

Neuf mois « de guerre », disent Netanyahu et ses acolytes qui s’entêtent à répéter le mot « guerre », alors que le monde entier sait qu’il s’agit d’une occupation pure, simple et barbare, une occupation semées d’assassinats, de déplacements de populations, de destructions d’infrastructures, de maisons et d’hôpitaux. En ces temps, l’occupant porte encore des œillères, droit devant, pas d’apaisement en vue ni de recherche de solution à l’horizon.

Les opinions sont actuellement captées par la course aux élections aux Etats-Unis, l’état de santé du président Biden, les chances de son adversaire dans la bataille électorale, la spéculation sur les résultats des élections législatives en France et les éventualités de former un gouvernement ou encore… Il y a de fait un écran, comme un lourd nuage, qui couvre l’état des lieux à Gaza, sur ce qui s’y déroule, les blessés et les morts qui jonchent les quartiers, la séparation des familles, le déracinement, toutes les formes d’horreur sont pour le moment derrière le brouillard de l’actualité. Pourtant, on meurt encore dans cette région du monde, sous les bombes ou en silence. Plus de 2,4 millions de personnes sont assiégées par Israël dans la bande de Gaza, où l’eau et la nourriture manquent et où plus de 80 % de la population est déplacée (source ONU).

Des négociations sont en cours (qui s’éternisent), des tentatives de solutions y sont proposées (des échecs jusqu’à présent). Trêve, libération d’otages et de prisonniers palestiniens, la dernière offre du Hamas qui exigeait auparavant un retrait total israélien de Gaza et un cessez-le-feu permanent se présente comme une main tendue vers un début de solution (fût-elle provisoire); personne ne pourrait contester la dimension humaine de cette offre qui consiste en l’entrée dans Gaza de 400 camions d’aide par jour et le retrait israélien du «couloir de Philadelphie et du point de passage de Rafah», entre le sud de Gaza et l’Égypte.

Mais le gouvernement Netanyahu n’accepte, n’acceptera aucune proposition venant  du Hamas. Sa réponse fut immédiate lundi 8 juillet : une école de l’Unrwa bombardée à Nuseirat, plusieurs quartiers de Gaza-ville pris d’assaut par des soldats sionistes, conduisant des milliers d’habitants à prendre la fuite et des dizaines de familles encerclées par les troupes et des chars, aidés par des frappes aériennes et des drones, rapportent des témoins et la Défense civile. De leur côté, les médiateurs – États-Unis, Qatar, Égypte – se sont «engagés sur le fait qu’un cessez-le-feu resterait en vigueur tant que les négociations sont en cours». On apprécie le flou du conditionnel.

Colère et mécontentement à Tel-Aviv où des milliers d’Israéliens ont bloqué les principales routes, réclamant une trêve et exhortant Netanyahu à signer un accord sur les otages.

Le bureau du chef du gouvernement a réagi à l’offre du Hamas en affirmant que «tout accord permettrait à Israël de se battre jusqu’à ce que tous les objectifs de la guerre soient atteints», en l’occurrence la destruction du Hamas et la libération de l’ensemble des otages. Il avait précédemment affirmé que des émissaires israéliens retourneraient dans les prochains jours à Doha pour des pourparlers. En somme, ceci n’est qu’un mince et énième exemple du caractère buté du pouvoir de Netanyahu qui, répétons-le, ne tient que par la guerre et les malheurs qu’elle entraîne.

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