Accueil Economie «Coface» l’Economie tunisienne et les défis de l’Afrique du Nord à l’aube de 2025 : Un baromètre dans la tourmente mondiale

«Coface» l’Economie tunisienne et les défis de l’Afrique du Nord à l’aube de 2025 : Un baromètre dans la tourmente mondiale

A quoi ressemblera 2025 ? Si les incertitudes de l’an dernier ont été levées, l’horizon ne s’est pas pour autant dégagé et les risques ont rarement paru aussi élevés.

Alors que le monde se trouve à la croisée des chemins en 2025, les perspectives économiques s’annoncent incertaines et contrastées. Le dernier Baromètre de «Coface», publié en février 2025, dresse un panorama mondial marqué par des divergences nettes entre les économies avancées et émergentes.  Dans ce contexte, la Tunisie et l’ensemble des économies de l’Afrique du Nord — au cœur de la région Mena — se trouvent particulièrement exposées aux turbulences financières et aux déséquilibres extérieurs.

Les économies émergentes fragilisées

L’analyse de «Coface» insiste sur le fait qu’un redéploiement des risques mondiaux est en marche. Tandis que les Etats-Unis continuent de bénéficier d’une croissance tirée par la consommation et de l’investissement soutenu par des politiques fiscales incitatives, l’Europe, quant à elle, se débat avec une activité stagnante, une baisse de confiance des ménages et des tensions liées à la hausse des taux d’intérêt.

Dans ce climat, les économies émergentes se voient fragilisées par des déséquilibres externes et une dépendance accumulée à l’égard d’un dollar fort. Parmi ces économies, la Tunisie, souvent citée dans la liste des marchés vulnérables aux fluctuations extérieures, doit composer avec des défis structurels et un environnement parfois difficile. Poursuivant cette analyse, le Baromètre de «Coface» insiste sur la nécessité pour la Tunisie et ses voisines nord-africaines de renforcer leurs politiques économiques afin de pallier leurs vulnérabilités. Selon le rapport, l’un des principaux défis réside dans la gestion des risques d’impayés et de la dégradation du crédit qui freinent l’accès au financement externe.

Des priorités stratégiques

En effet, la dépendance à l’égard des capitaux étrangers — aggravée par un dollar toujours aussi fort et des sorties de capitaux récurrentes — expose ces économies à une instabilité chronique. Pour la Tunisie, le maintien d’un équilibre budgétaire et la stabilisation des réserves de change apparaissent comme des priorités stratégiques, notamment afin de soutenir les secteurs clés et de restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Les économistes de «Coface» recommandent, par ailleurs, une diversification accrue de l’économie tunisienne, trop longtemps cantonnée à des secteurs traditionnels et vulnérables aux chocs externes. La modernisation des infrastructures, le développement des technologies de l’information et la promotion des investissements dans les secteurs à forte valeur ajoutée pourraient permettre de réduire cette dépendance et dynamiser la croissance. Parallèlement, les réformes structurelles — notamment dans le domaine de la gouvernance et de l’administration publique — sont perçues comme essentielles pour transformer le potentiel de la région en opportunités concrètes. Au niveau régional, le paysage économique de la zone Mena reste contrasté. Tandis que certains pays du Golfe bénéficient encore des revenus pétroliers, d’autres, comme la Tunisie, l’Algérie ou le Maroc, doivent faire face aux défis structurels qui freinent leur développement.  Les politiques monétaires divergentes, combinées aux incertitudes liées à la situation géopolitique mondiale —notamment la fin des accords gaziers ou les potentielles hausses de droits de douane —, complexifient davantage le climat d’affaires dans la région. La diversification des sources d’approvisionnement en énergie, par exemple vers le gaz naturel liquéfié, est envisagée comme une solution à court terme, même si elle reste onéreuse.

Des déséquilibres macroéconomiques persistants

Enfin, la synthèse des évaluations de risques pays, couvrant 160 nations, offre un panorama des perspectives globales. Pour la région Mena, le rapport souligne que la conjoncture reste marquée par des ajustements — certains pays bénéficient de reclassements favorables, tandis que d’autres, notamment en Afrique subsaharienne et dans certaines économies émergentes, subissent des déclassements accentués par des déséquilibres macroéconomiques persistants.

Dans ce contexte, la Tunisie apparaît comme une économie sensible aux chocs externes, dont la trajectoire dépendra largement de la capacité du gouvernement à instaurer des réformes ambitieuses et à diversifier son économie. Pour finir, et selon la même source, alors que 2025 se profile comme une année charnière pour l’économie mondiale, la Tunisie et l’ensemble des pays d’Afrique du Nord se trouvent à la croisée des chemins.

Entre pressions extérieures — notamment liées à la conjoncture financière internationale et aux fluctuations des prix de l’énergie — et défis internes, ces économies doivent impérativement repenser leurs modèles pour renforcer leur résilience.

Le Baromètre de «Coface» rappelle ainsi que la stabilité future dépendra non seulement de l’adaptation aux nouvelles réalités du marché mondial, mais également de la capacité à engager des réformes structurelles profondes, indispensables pour transformer la fragilité.

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