La campagne de récolte et de transformation de la tomate industrielle démarre dans un climat d’inquiétude au Cap-Bon. Les producteurs alertent sur la dégradation de la rentabilité de cette filière stratégique, confrontée à une hausse continue des coûts de production alors que le prix de référence payé aux agriculteurs demeure inchangé depuis plusieurs saisons.
Selon les professionnels du secteur, le prix de réception fixé autour de 270 millimes le kilogramme ne reflète plus la réalité économique des exploitations agricoles. Les charges liées aux intrants, à l’irrigation, aux traitements phytosanitaires, à l’énergie et à la main-d’œuvre ont fortement progressé ces dernières années, réduisant considérablement les marges des producteurs.
Un coût de production devenu supérieur au prix de vente
Les producteurs estiment aujourd’hui que le coût de revient d’un kilogramme de tomate industrielle dépasse largement le prix payé à la réception par les unités de transformation. Une situation qui fragilise l’équilibre économique de nombreuses exploitations et fait craindre un recul de l’intérêt des agriculteurs pour cette culture.
Adel Antite, président du Comité national des producteurs de tomates et membre de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Nabeul, a souligné que la filière ne peut plus fonctionner avec un prix de référence qui ne suit pas l’évolution des coûts. Il appelle à l’ouverture d’un dialogue entre les producteurs, les industriels et les représentants professionnels afin de trouver des solutions durables.
Appel à une révision du prix de référence
Les producteurs demandent notamment une révision du mécanisme de fixation du prix de réception afin de garantir une meilleure rémunération et préserver la continuité de la production. Ils plaident pour une approche prenant en compte l’évolution réelle des charges agricoles et les contraintes auxquelles ils sont confrontés.
La région du Cap-Bon demeure l’un des principaux bassins de production de tomates destinées à la transformation en Tunisie. Mais les professionnels avertissent que la poursuite de la hausse des coûts sans adaptation du prix payé aux agriculteurs pourrait compromettre l’avenir de cette filière, qui joue un rôle important dans l’activité agricole et industrielle nationale.
Au-delà de la campagne actuelle, les producteurs appellent ainsi à une réflexion globale sur l’avenir de la tomate industrielle, impliquant l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, afin de maintenir la compétitivité du secteur et garantir sa pérennité.
R.I



