L’artisanat réinvente son image…
Tout le monde en convient : dans un marché économique international de plus en plus complexe et exigeant, toute ambition de résilience et de performance dépendrait, de toute évidence, de notre capacité d’inscrire notre politique de développement nationale dans une approche globale qui permettrait de tirer profit de tout le potentiel national disponible, qu’elle que soit sa nature.
On admet, en effet, que certains secteurs n’arrivent pas à rebondir, pourtant à fort potentiel. C’est le cas de l’artisanat qui semble, depuis quelques années, en déclin persistant faute d’investissement, de modernisation et de planification.
On a, parfois, l’impression que les décideurs du secteur sont incapables de garantir un financement adéquat, notamment aux petits producteurs qui se retrouvent sous forte pression en raison de la cherté des matières premières et de la concurrence rude des produits industriels de masse, alors qu’en même temps, ils subissent, régulièrement, le poids lourd du marché informel qui exerce une domination presque totale sur les produits artisanaux.
Il faut reconnaître que la timidité de la numérisation au niveau du secteur a privé les professionnels de toute visibilité. Et cela explique leur faible présence sur les marchés, leur perte de vitesse face à la concurrence et leur isolement. Justement, les professionnels, notamment les petits producteurs, dépendent, en grande partie, des flux touristiques. Il s’agit, donc, d’une commercialisation presque saisonnière, alors que, dans d’autres pays, notamment au niveau de nos concurrents directs, les ventes en ligne sont dominatrices, ce qui se traduit par un niveau de rentabilité assez élevé.
Ces difficultés commerciales et le manque de soutien et de rentabilité ont fini par démotiver les nouvelles générations qui se détournent, de plus en plus, de ce secteur, pourtant autrefois stratégique. Et cela a créé, bien entendu, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et donc un vide professionnel pénalisant.
Le déficit de formation, le manque d’un dispositif de transmission des techniques des valeurs ancestrales et le manque d’encadrement et d’accompagnement ont aggravé, encore plus, la situation.
En somme, l’on peut dire qu’on est en face d’un tableau désolant, surtout que le secteur de l’artisanat, en plus du fait qu’il constitue un élément fondamental de notre identité culturelle et patrimoniale nationale, peut garantir à notre économie une valeur ajoutée certaine, en raison de son authenticité.
Et c’est, certainement cette importance qui justifie l’intérêt accordé, depuis quelque temps, à la valorisation de cette activité phare. Plusieurs programmes stratégiques sont, actuellement, en cours d’exécution ou de planification et qui portent essentiellement sur la numérisation, le lancement de plateformes pour la commercialisation en ligne tout en garantissant une large implication de la diaspora tunisienne.
De son côté, le Plan de développement 2026-2030 a retenu plusieurs dispositions pour faciliter l’accès aux financements, assurer l’autonomie économique des femmes artisanes et réactiver les exportations.



