Alors que l’élection présidentielle anticipée approche à grands pas, les préparatifs pour faire réussir ce scrutin se poursuivent. Il est question notamment de l’organisation du secteur audiovisuel, qui doit abriter une grande partie des campagnes électorales des différents protagonistes retenus pour la course à la présidentielle

Outre les meetings populaires, les médias, dont notamment les chaînes TV, connues comme étant le principal moyen de communication de masse, s’apprêtent à organiser et diffuser les campagnes électorales des 26 candidats à la Présidentielle du 15 septembre. Sauf que ce paysage audiovisuel est, d’ores et déjà, secoué par une affaire de médias hors la loi et d’un manque de contrôle des contenus médiatiques politiques qui prospèrent en cette période de pré-campagne électorale.

En tout cas, la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) et l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) s’apprêtent à publier la décision commune portant sur l’organisation des campagnes électorales dans les médias audiovisuels, une publication, qui a, selon nos informations, tardé en raison d’une divergence de points de vue entre les deux parties concernant la participation des médias qui opèrent hors des dispositions en vigueur  dans la couverte de ces campagnes.

Dans ce sens, le membre de la Haica, Hichem Snoussi, a déclaré à La Presse que du côté de l’instance régulatrice tout a été préparé pour publier cette décision commune en attendant le parachèvement de la version finale avec l’Isie. «Il ne s’agit pas de recommandations mais d’une décision commune à caractère obligatoire qui fixera toutes les dispositions et les règles à respecter pour les médias audiovisuels qui couvriront ces campagnes électorales», a-t-il expliqué.

Car, en effet, conformément à la loi, la Haica est appelée à fixer les modalités et les dispositions des médias audiovisuels qui se chargeront de la couverture médiatique de ces campagnes et ce dans l’objectif de préserver le processus électoral et de mettre tous les candidats sur un pied d’égalité. «La Haica fixe les règles de la campagne électorale, dans les médias audiovisuels, ses procédures et notamment les temps impartis aux émissions et programmes réservés aux différents candidats, leurs répartition et horaires, dans les différents médias audiovisuels et ce, en concertation avec toutes les parties concernées, sur la base du respect des principes du pluralisme, de l’équité et de la transparence» stipule l’article 44 du décret-loi 116. Ce même cadre légal autorise la Haica à recourir à tous les moyens nécessaires pour s’assurer du respect par les candidats et les établissements d’information et de communication audiovisuelles des dispositions en vigueur».

Une décision commune sera bientôt  publiée

Interrogé sur le cas des médias dont la diffusion est non autorisée par la Haica et leur éventuelle participation à la couverture des campagnes électorales des candidats à la Présidentielle, Hichem Snoussi a affirmé que «la décision commune qui sera publiée sous peu prendra les mesures nécessaires à cet effet» sans donner plus de  précisions. Mais selon nos informations, cette décision se dirige vers l’interdiction de ces médias de diffuser ces campagnes électorales.

Rappelons qu’il y a quelques mois, la Haica avait engagé des procédures pour  mettre fin à la diffusion illégale des deux chaînes TV Nessma et Zitouna, ainsi que la station de radio Zitouna Coran. Ces trois médias n’existent pas d’ailleurs dans la liste des établissements de communication audiovisuelle reconnus par la Haica. Selon l’instance de régulation, ces médias opèrent, tous, dans l’illégalité et diffusent leurs contenus médiatiques hors la loi.

Et c’est notamment le cas de la chaîne Nessma TV qui pose un véritable problème, en raison d’un double enjeu. Car d’une part, la chaîne opère dans l’irrégularité, comme le confirme l’instance régulatrice du paysage audiovisuel,  et d’autre part, elle s’avère être un puissant outil de communication pour son propriétaire Nabil Karoui, candidat à la Présidentielle anticipée. Ainsi, on pourra se demander si un candidat à la Présidentielle est autorisé à mener sa campagne électorale sur sa propre chaîne privée ? Comment devra être traité le cas Nessma TV qui témoigne d’une concurrence déloyale entre les différents candidats et d’une interférence entre vie politique, communication audiovisuelle et vie associative ? Le cas de Nabil Karoui et de sa chaîne privée Nessma TV, dont il nie être le propriétaire, constituent en tout cas un casse-tête pour la Haica qui ne parvient pas, toujours, à faire respecter ses décisions.

Il est à rappeler, dans ce sens, qu’il est interdit à tous les établissements de communication audiovisuelle de diffuser des programmes, annonces ou spots publicitaires pour un parti politique ou une liste électorale à titre onéreux ou gracieux, notamment en période électorale.

La campagne électorale pour l’élection présidentielle doit démarrer, le 2 septembre et se poursuivra jusqu’au 13 du même mois. Le 14 septembre sera réservé au silence électoral et les élections auront lieu le dimanche 15 septembre alors que les résultats préliminaires seront annoncés le 17 septembre.

La Haica supervisera les débats électoraux télévisés qui seront organisés pour la première fois en Tunisie, conformément aux usages dans les autres pays.

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