L’Association des magistrats tunisiens (AMT) affirme que les magistrats sont prêts à se lancer corps et âme dans une course contre la montre pour faire réussir les élections 2019. A condition que l’exécutif déploie tous les moyens nécessaires, financiers et logistiques. Elle a également contesté le retard accusé depuis trois ans dans la mise en œuvre du mouvement des magistrats

L’Association des magistrats tunisiens (AMT) a tenu au Palais de Justice de Tunis, une conférence de presse dont l’objectif est de braquer les projecteurs sur les principaux défis et enjeux actuels de la justice, en l’occurrence le mouvement des magistrats, les contentieux électoraux et la prime de permanence décrétée récemment par le ministère de la Justice.

S’exprimant sur le mouvement des magistrats, le président de l’AMT, Anas Hamadi, a mis en exergue l’impératif d’entamer le mouvement judiciaire dans les plus brefs délais, soit  au plus tard  avant la fin des vacances judiciaires. L’objectif étant de mettre la réforme de la justice sur les rails. Hamadi a également rappelé que les atermoiements du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui ont duré plus de trois ans, dans la mise en œuvre du mouvement des magistrats est à l’origine du grand retard accusé dans le processus de réforme de la justice. « Le mouvement des magistrats est un événement national et politique. Les dépassements des délais légaux de son lancement ne sont plus tolérables. Il est notoire que ce mouvement permettra aux magistrats ayant subi auparavant des injustices de reprendre leurs fonctions. La nomination de l’ensemble des magistrats dans le cadre du mouvement doit être basée sur la méritocratie et non sur l’appartenance partisane ou le népotisme », a affirmé Hamadi. A ce titre, le président de l’AMT a noté que les tiraillements entre les membres du CSM figurent parmi les causes principales de ce blocage. Il a appelé, à cet égard, ses membres à mettre à plat tous les dossiers des magistrats en vue de les évaluer et éliminer les incompétents. « Selon les échos que nous avons eus, le procureur général de la Cour de cassation de Nabeul a été nommé par favoritisme. Nous exhortons les autorités compétentes à réévaluer sa performance », a déclaré Hamadi.

Projet d’amendement de la loi électorale : quelles défaillances à éviter ?

La justice, garant de la réussite du processus électoral, doit être dotée de tous les moyens financiers, humains et logistiques pour garantir la transparence des élections. C’est le message qui a été véhiculé hier par les membres de l’AMT. En effet, Anas Hamadi a expliqué que le projet d’amendement de la loi électorale proposé par l’Isie dans l’objectif de raccourcir les délais du processus électoral et respecter, de facto, les délais constitutionnels d’investiture du président de la République par intérim, induira une pression supplémentaire exercée sur la justice. Une pression inhérente à la charge de travail titanesque qui leur échoit. A cet égard, l’AMT a appelé les autorités compétentes à impliquer les magistrats dans l’élaboration du projet d’amendement, actuellement en cours d’examen par les représentants de l’ARP. Le nombre de contestations des candidatures à la présidentielle et aux législatives enregistré jusqu’à maintenant a dépassé les 35, fait-on savoir. 

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