La question taraude les esprits clubistes ces derniers temps. Le CA peut-il encore raisonnablement viser les places d’accessit cette saison ? De prime abord, tout est encore possible. Sauf que pour tenir son rang et décrocher une place en C3, il faudra forcément ne plus traîner et enchaîner les performances.

Le CA s’apprête jeudi à en découdre avec le CSS dans le cadre de la mise à jour du championnat. Si l’on se projette, l’on note aussi que les Clubistes auront par la suite fort à faire à l’Olimpico, face à l’Etoile dans le cadre de la Coupe de Tunisie.

En clair, l’agenda des hommes de Victor Zvunka est assez chargé et il faudra enfiler le bleu de chauffe pour ne plus se disperser.

Ce faisant, bien avant l’arrivée du technicien français, le club de Bab Jedid était déjà mal engagé dans la course au podium.

Entre chiffres sans pitié et vents contraires, les Clubistes n’ont pas su se sublimer la plupart du temps. La faute à un excès de prudence de Chiheb Ellili? Absence d’alternatives, défaut de profondeur du banc aussi, défaillances multiples, ambiance plombée par les affaires! Tout cela a forcément précipité la chute de l’ambition d’un club qui ne cesse d’occulter l’essentiel par rapport à l’accessoire. En tout début de cycle, le CA a abordé la présente saison, plein d’ambition, «boosté» par son beau parcours en coupe de Tunisie et en championnat où les Clubistes ont fini seconds. De quoi lorgner légitimement l’autre compétition continentale, la seule à même de faire vibrer les foules comme les acteurs du jeu, la C1. Un objectif clairement affiché l’été dernier du côté du Parc A. Sauf qu’il faut s’en donner les moyens.

Résultats, quelques mois plus tard, le Graâl continental n’est plus d’actualité, le TP Mazembe ayant ainsi révélé les limites criardes d’un effectif clubiste qui a pris une valise à Lumumbashi. Voilà pour le contexte numérique en C1. Les chiffres, encore eux, n’incitaient clairement pas à l’optimisme. C’était mal connaître le CA, un club qui ne renonce jamais. Tel un phœnix, il renaît toujours de ses cendres. L’exemple le plus frappant est cette saison couronnée de succès après avoir flirté un temps avec le magma du classement.

Atteindre un bon niveau d’exigence

Le CA sait revenir de loin et s’accrocher comme on dit. Ellili est ainsi débarqué et Zvunka débarque. Le président Younsi reprend les choses en main et les joueurs sont sermonnés à l’envi. Après la désillusion, le miracle ! Persévérance, constance, vigilance et exigences.

Voilà pour les mots de Zvunka. Mais force est de constater qu’ils peinent à masquer les maux ! Car au-delà du constat et des projections chiffrées, le CA souffre, ce n’est un secret pour personne. Les symptômes sont multiples, ce qui rend la guérison toujours plus délicate : une infirmerie squattée à l’envi, des sanctions fédérales qui laissent le club sur le carreau, et, «last but not least», des échauffourées du côté de la Curva Nord.

Un mal pour un bien peut-être? Car si pour corser le tout, le CA s’était mis ses aficionados, lassés du manque de résultats, à dos. Blessée dans son orgueil, l’escouade clubiste n’a pas tardé à relever la tête, histoire de rompre avec l’inertie et enrayer ce climat hostile. Oui, depuis le début de cette saison compliquée et atypique, le mistral souffle fort, et de face sur le visage des Clubistes. Un vent qui ne suffit pas à chasser les nombreux nuages juchés sur le Parc A. Seule éclaircie dans ce paysage tempétueux, l’arrivée d’un technicien chevronné, un expert dans ce cas d’espèce. Dès sa première séance d’entraînement, il a mis les choses au clair.

Khefifi et Darragi l’ont appris à leurs dépens, le groupe de joueurs a vite fait de s’impliquer d’avantage et le coach s’est attelé sans délai à remettre le CA à l’endroit. Dorénavant, le CA va tout donner même s’il est encore besogneux. Et à Zvunka de démontrer toute son aptitude à tirer le meilleur du groupe sous la main dès son baptême du feu avec le CA. Même si les Clubistes ne gagnent pas, des signes ne trompent pas. L’émérite technicien français s’efforce progressivement à formater cette équipe, à lui donner une âme. Cela rend surtout responsable les joueurs, qui ne lâchent rien. Ils ont peut-être atteint un bon niveau d’exigence. Car pour gagner, il faut ce degré d’exigence.

Nul doute que cela créera à terme un engouement stupéfiant. Car quand le public clubiste pousse, ça donne des ailes à l’équipe. A trois jours du classico face au Club Sportif Sfaxien, le groupe s’applique à régler la mire et à se mettre en condition surtout. Afficher sa solidarité retrouvée, cette abnégation, cette capacité à résister dans les moments difficiles et à s’accrocher. Le CA sait pertinemment que le CSS est un gros morceau, un adversaire redoutable et coriace. Il faut reconnaître que cette équipe sfaxienne a une organisation et une solidité sans fantaisie. Elle a tout, dans toutes les lignes. Au CA de parvenir à se transcender face à une équipe conquérante à souhait. Aussi bien dans l’impact physique que tactique, les coéquipiers de Darragi devront rivaliser et surtout retrouver le chemin des filets. La donne est claire. Les Clubistes doivent y mettre tous les ingrédients d’un match de très haut niveau.

Le CA est à la croisée des chemins. S’il ne veut pas connaître un nouvel été des plus suffocants (avec la double obligation de réduire sa masse salariale tout en se séparant de ses meilleurs actifs), il doit accrocher en fin de saison une place d’accessit. Le coup est forcément encore jouable pour un onze investi d’une mission. Celle d’accrocher le bon wagon après avoir failli dérailler.

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