Une nouveauté marque la campagne électorale présidentielle entamée le 2 septembre : les visites quotidiennes que rendent les candidats au palais de Carthage au siège de la centrale syndicale

La campagne électorale en prévision de la présidentielle 2019 a enregistré un précédent : la série des pèlerinages que les candidats au palais de Carthage effectuent quotidiennement à la place Mohamed-Ali pour rencontrer Noureddine Taboubi, secrétaire général de l’Ugtt, et ses principaux collaborateurs dont en premier lieu Sami Tahri, Samir Cheffi et Bouali M’barki, et leur présenter les grandes lignes de leurs programmes.

Et les communiqués ou les déclarations qui sanctionnent ces rencontres se contentent d’évoquer que «les responsables de l’Ugtt n’ont rien à cacher à l’opinion publique, que ces rencontres ne doivent pas être comprises en aucun cas comme un acte de soutien au candidat en question». L’Ugtt tient à préciser, à travers ses responsables, «que les rencontres se tiennent à la demande des candidats eux-mêmes». Ils ajoutent : «Ces rencontres se déroulent au su et au vu des médias et en dépit de tout ce qui a été dit ou écrit sur les réseaux sociaux, le secrétaire général de l’Ugtt continuera à recevoir les candidats qui ont exprimé le désir de le rencontrer».

Mais en fait pourquoi ces rencontres suscitent-elles tant de réactions le plus souvent accusant l’Ugtt de soutenir secrètement tel ou tel candidat ? L’on est en droit de se poser toutes les questions possibles et d’imaginer toutes les réponses plausibles à ces mêmes questions.

Ainsi, l’on peut se demander : l’Ugtt a-t-elle décidé, contrairement aux déclarations de ses responsables, d’accorder son soutien à un candidat quelconque et d’appeler, par conséquent, ses militants et militantes à lui accorder leurs voix ?

Pour le moment, personne ne peut apporter une réponse claire et définitive à cette question dans la mesure où «l’Ugtt, souligne Samir Cheffi, membre du bureau exécutif, s’intéresse avant tout aux programmes et au contenu des propositions préconisés par les candidats au palais de Carthage».

Il confie : «L’Ugtt dément catégoriquement avoir choisi un candidat quelconque pour lui accorder son soutien. Et au cas où l’organisation aurait à le faire, le dernier mot revient à la Commission nationale administrative qui aura à s’exprimer sur cette question, le cas échéant».

Les réponses de Samir Cheffi ou de Bouali M’barki qui préfère insister sur le rôle que joueront les «4.000 observateurs de l’Ugtt pour garantir la transparence et l’intégrité de l’opération électorale» laissent les observateurs et les analystes sur leur faim et les poussent à décortiquer les petites phrases lancées ça et là par les membres du bureau exécutif dans l’espoir de déceler un début de réponse à cette question qui taraude l’esprit de beaucoup de Tunisiens : qui parmi les 26 candidats au palais de Carthage réussira, d’ici le 15 septembre, à arracher la bénédiction de l’Ugtt ? Et cette bénédiction ou ce baptême derrière lesquels courent «les pèlerins à la place Mohamed- Ali» ne sont pas très difficiles à acquérir au cas où les aspirants satisfairaient les exigences suivantes dont en premier lieu «un candidat qui se donne pour mission de servir la Tunisie, de préserver sa souveraineté, de lutter contre la corruption et contre la contrebande».

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