Appel à propositions pour le financement de projets de recherche portant sur l’extrémisme violent.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Direction générale de la recherche scientifique-Dgrs) annonce l’ouverture de l’appel à propositions pour le financement de projets de recherche, d’une durée de 12 mois, portant sur l’extrémisme violent. Cet appel s’inscrit dans le cadre d’un fonds de recherche scientifique créé en partenariat avec la Commission nationale de lutte contre le terrorisme et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud -Tunisie).
Les demandes de projets devraient être envoyées à la structure et aux adresses mentionnées dans l’appel à propositions, par la voie postale et par la voie électronique (e-mail), au plus tard le 26 septembre 2019.

Mesures préventives
Face aux menaces posées par l’extrémisme violent, les autorités publiques tunisiennes ont adopté des réponses sécuritaires plus robustes, mais aussi des mesures préventives dans le cadre d’une approche globale qui s’aligne avec les recommandations du ‘Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent’ (PEV) du Secrétaire général des Nations unies de 2015.
La nature diffuse et polymorphe de l’extrémisme violent rend complexe le développement d’une compréhension partagée sur ses causes structurelles. Or, l’état de la recherche scientifique sur l’extrémisme violent en Tunisie demeure épars ; les connaissances sur les dynamiques sous-jacentes de l’extrémisme violent restent insuffisantes pour en saisir la complexité, et l’impact des interventions de prévention demeure difficilement déchiffrable de manière empirique. L’implication de la communauté scientifique dans les efforts nationaux de prévention de l’extrémisme violent semble ainsi nécessaire pour poursuivre la réflexion sur les bonnes pratiques dans ce domaine, renforcer l’innovation et informer le développement d’interventions concrètes de prévention qui soient contextualisées et se fondent sur des données empiriques.
La Stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, adoptée en 2016, intègre la prévention parmi ses quatre piliers (les trois autres étant la protection, la poursuite et la réponse). De même, la Commission nationale de lutte contre le terrorisme (Cnlct), créée en vertu de l’article 66 de la loi organique n°26 du 7 août 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment de capitaux, telle que modifiée et complétée par la loi organique n°9 du 23 janvier 2019, s’emploie à promouvoir la coopération et la coordination des actions entre les différents acteurs (gouvernement, secteur privé et société civile), le Système des Nations unies, la coopération juridique avec les Etats et le suivi des projets au niveau territorial.

Développement de la recherche
Le rôle de consultation et de coordination de la Cnlct, qui relève de la présidence du gouvernement et qui se compose de 22 membres regroupant 16 ministères et différents experts, s’avère ainsi indispensable.
De par sa mission, la Cnlct est appelée à contribuer au développement de la recherche et des études pour comprendre le phénomène et mettre à jour la législation antiterroriste afin d’exécuter les programmes nationaux s’alignant avec la Snlcet. Dans ce contexte, la Cnlct, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (Direction générale de la recherche scientifique) et le Pnud ont initié une collaboration en 2019 pour la mise en place d’un fonds de recherche visant à favoriser une compréhension partagée des concepts liés à l’extrémisme violent et  aux stratégies de prévention pertinentes.
A ce titre, le fonds de recherche vise les sous-objectifs suivants :
– Renforcer la connaissance des dynamiques sociales, culturelles, économiques et politiques qui peuvent alimenter l’extrémisme violent, sur la base de données empiriques contextuelles et vérifiées.
– Identifier et valoriser les approches innovantes d’interventions préventives qui soient pertinentes au contexte tunisien, qui promeuvent des stratégies inclusives et collaboratives et qui soient basées sur des réponses de développement et de promotion des droits humains.
– Accompagner la structuration d’une communauté d’experts, réunissant chercheurs et praticiens du domaine de la PEV, autour d’un cadre d’échange.
Ainsi, le fonds de recherche a pour fonction de financer l’étude de cas pratiques pour la production d’articles scientifiques courts (18.000 mots maximum) sur l’extrémisme violent. Le fonds privilégie l’appui à des projets de recherche qui adoptent une approche participative de recherche-action, qui associent des équipes de recherche hétérogènes (chercheurs indépendants, société civile, jeunes, pluridisciplinarité), qui proposent des solutions innovantes, et qui s’efforcent d’informer des stratégies d’action ou de plaidoyer utiles à la prévention de l’extrémisme violent.
Dès lors, la Cnlct, le Mesrs et le Pnud lancent un appel à propositions, depuis août 2019, pour la sélection et l’appui à un premier lot de projets de recherche sur l’extrémisme violent.

S. R.

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