Conçu et réalisé par une pléiade d’experts économiques, le Livre Bleu, nouvel ouvrage édité récemment dans le cadre de l’initiative Econ4Tunisia qui se veut une contribution pour sortir de la grisaille actuelle, ouvrir de nouvelles perspectives à l’économie nationale et surtout redonner espoir à la jeunesse tunisienne . Des propositions ont été formulées par des économistes tunisiens qui «ne sont pas exhaustives et n’ont pas la prétention de constituer un Programme complet».

Ce livre bleu exprime l’engagement du citoyen et des économistes tunisiens pour contribuer au débat public et pour nourrir les politiques publiques de propositions et de projets novateurs. «Notre projet reste la construction d’une espérance collective et d’un nouveau projet pour sortir de la crise économique et favoriser une transition économique pour faire de la Tunisie la nouvelle économie émergente de la Méditerranée», précisent Mr. Hakim Ben Hammouda, Abderrazek Zouari et Elyes Jouini, anciens ministres et experts économiques.

Impact macroéconomique
Pour évaluer l’impact macroéconomique de ces propositions, les experts ont élaboré une note où ils présentent les résultats de cette évaluation. Trois simulations ont été testées pour cette note. Le premier scénario reflète les politiques retenues dans le cadre de l’accord de financement avec le FMI. Le second scénario représente une prise en considération d’une partie des recommandations formulées dans le livre bleu. Le troisième scénario reflète plutôt la non- implémentation des réformes prévues dans le cadre de l’accord avec le FMI.
D’emblée, la note indique que «le premier scénario reflète l’évolution prévue de l’économie tunisienne sans réformes supplémentaires sur la période 2020-2023.
Le deuxième est un scénario de reprise ou de sauvetage de l’économie tunisienne alors que le troisième scénario est plutôt le reflet d’un échec à introduire le minimum de réformes macroéconomiques, mêmes ceux prévues dans le cadre de l’accord avec le FMI».
Dans cet ouvrage, les experts ont cherché à mesurer, pour la Tunisie, les effets en termes de croissance économique, chômage, commerce, investissement, dépenses et revenus du gouvernement, et de taux de change des trois scénarios retenus.

Industrie 5.0
Parmi les propositions inscrites dans le cadre des nouvelles politiques sectorielles, celle relative à la mise en place d’une industrie 5.0 favorable au développement des chaînes de valeur et un meilleur positionnement sur les chaînes de valeur mondiales.
Le secteur industriel a subi d’importantes mutations en dépit de la stabilité relative de sa part dans le PIB. Face à la baisse de la part des industries non manufacturières en raison notamment de la baisse de disponibilité des hydrocarbures, le secteur manufacturier particulièrement a enregistré une diversification progressive aux dépens du secteur textile et au profit des industries mécaniques et électriques qui se positionnent aujourd’hui comme premiers secteurs à l’export.
Propulser une industrie 5.0 est une proposition nécessitant un Programme complet et harmonieux aussi bien au niveau transversal qu’au niveau sectoriel.
Ainsi, des mesures structurantes sont proposées dans ce livre bleu dont la levée des contraintes à l’exportation rencontrées par les entreprises du secteur on-shore et le décloisonnement entre régimes offshore et on-shore qui permettraient à la Tunisie de se hisser dans les chaînes de valeur mondiales et d’en tirer plus d’avantages, notamment en termes de progrès technologique, de création d’emplois et de richesse.

Modernisation des institutions
Il s’agit également de mettre en place un écosystème favorable à l’entrepreneuriat et à l’innovation. Ceci inclut une mise à niveau et une modernisation des institutions d’appui afin de répondre plus efficacement aux besoins des PME et des jeunes entrepreneurs
À ceci s’ajoutent la levée du plafond des investissements pour des implantations à l’étranger ( actuellement fixé à 3 millions de dinars) et la mise en place d’un crédit d’impôt à la recherche et développement afin d’encourager les PME à investir dans l’innovation et les nouvelles technologies . «Ces activités constituent des situations de défaillances de marchés auxquelles il faudrait faire face à travers des mécanismes d’incitation favorisant la prise de risque de ces activités.
La mise en place d’un tel instrument structurant devrait remplacer progressivement les mécanismes d’appui existant qui sont fragmentés et plafonnés à des seuils relativement bas pour tout secteur confondu».
De même, une des mesures est celle relative au renforcement du mécanisme mis en place pour le développement des chaînes de valeur, à savoir l’institutionnalisation de la Task Force pour le développement des chaînes de valeur et clusters. «Ceci permettrait une meilleure utilisation des ressources en vue d’une orientation des investissements publics et privés vers un renforcement de la compétitivité des entreprises selon une approche de chaîne de valeur sur les marchés les plus dynamiques».
Les résultats attendus se situent à trois niveaux: une transformation économique accélérée à travers une amélioration de la compétitivité et de la valeur ajoutée, la création de l’emploi et l’amélioration du climat des affaires.

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