Le candidat à l’élection présidentielle anticipée Hatem Boulabiar a tenu hier une conférence de presse à Tunis pour présenter son programme électoral. «Libéral avec un cœur qui bat à gauche», comme il le dit. Hatem Boulabiar entend démocratiser l’accès à la propriété des voitures en permettant à tout un chacun d’acquérir une voiture neuve de l’étranger, sans forcément passer par les concessionnaires de voiture agréés, qui, selon lui, «margent un peu trop». Il s’engage donc à généraliser l’avantage fiscal dit «FCR» à l’ensemble des Tunisiens.

Le candidat vise également à instaurer un Impôt sur la fortune, comme il en existe en France, le fameux ISF. Concrètement, Hatem Boulabiar veut taxer les fortunes supérieures à 25 millions de dinars, au taux de 2,5%. «Attention cette taxe est imposable uniquement sur les capitaux non investis dans l’industrie, l’agriculture ou les services», précise-t-il. Cette taxe servira entre autres à financer son programme social, et particulièrement à financer une caisse spéciale consacrée aux femmes divorcées en situation de détresse. «Qu’elles reçoivent ou pas une pension alimentaire, les femmes divorcées bénéficieront d’une prime», a-t-il déclaré.

Le candidat compte également mettre un terme au saupoudrage inefficace et inéquitable de la subvention étatique pour les produits de base. «Cette aide profite, sans distinction aucune, aux pauvres et aux riches, explique Boulabiar. Et je veux, si je suis élu président, supprimer ces subventions tout en doublant la prime pour les familles nécessiteuses inventoriés grâce à la mise en place de l’identifiant unique».

A noter que le candidat prône une amnistie générale pour les détenus pour chèques sans provision, en attendant la suppression de l’ensemble des transactions par chèque.

Très rapidement, dès les trois premiers mois de son mandat, le candidat s’engage à drainer des investissements étrangers en misant sur le Partenariat Public Privé dans tous les domaines. «Je sais parler aux investisseurs et je peux ramener des investissements de la Chine et des pays du Golfe», a-t-il martelé.

Un ensemble de mesures qui, pour Hatem Boulabiar, permettront de donner une bouffée d’oxygène à l’économie tunisienne et booster le pouvoir d’achat des Tunisiens.

Sur le plan politique le candidat propose de mettre la pression sur l’ARP dès les premiers mois de son mandat, et ce, en tirant au sort parmi les professeurs de droit constitutionnel, les quatre membres de la Cour Constitutionnelle. «Je propose d’ailleurs l’ARP de faire pareil, en tirant au sort parmi la short-list des candidats retenus et de s’écarter des jeux de connivence», déclare Boulabiar.

Le candidat Hatem Boulabiar s’engage par ailleurs, qu’une fois élu, il travaillera à la réduction du nombre de ministères et leur restructuration. Il projette ainsi de les ramener à 15 ministères tout au plus, et ce, pour une meilleure efficacité et une bonne gouvernance. Le candidat, s’il est élu, engagera la discussion avec le futur chef de gouvernement pour la suppression du ministère du Tourisme et son remplacement par six offices régionaux. Il projette également de supprimer le ministère des Technologies et de le substituer par une «structure centrale» au sein de la présidence du gouvernement. Dans son projet, Hatem Boulabiar tient aussi à fusionner le ministère de l’Education nationale avec celui de l’Enseignement supérieur.

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