Mardi après-midi, la Tunisie a eu droit, comme chaque année en pareille période, à des pluies intenses qui ont vite fait de tourner au déluge. Et ce fut le désastre, avec des embouteillages monstres, un niveau d’eau engloutissant, des destructions d’équipements et de la chaussée, dévastateurs…

Et devant ce tableau, désormais servi par la télévision et commenté en direct et sur Facebook, les citoyens ne manquent pas d’être mal à l’aise, voire pris de panique par ce sentiment de déception et de défaite qui les prend à la gorge.

Et les responsables des divers services d’invoquer les faiblesses des infrastructures, les faibles moyens financiers, les dimensions inadéquates des canalisations, l’exiguïté des routes et l’immensité du parc automobile…

Mais il est clair que ce spectacle est désolant, nous rabaissant chaque fois au rang de pays sous-développé incapable de prévoir, de construire correctement, d’inscrire son développement dans le long terme et la pérennité et de préserver dans la durée la sécurité de ses citoyens et de leurs logements fragiles.

Ces pluies torrentielles existent et reviennent chaque année. Elles font, de ce fait, partie des données et des constantes qui doivent conditionner les travaux d’infrastructure et les secours prévisionnels qu’attendent les citoyens et les automobilistes.

Or, rien de tout cela n’est vraiment acquis chez nous. Puisque chaque année, faute de moyens, l’on budgétise les aménagements infrastructurels à un niveau inférieur aux besoins effectifs. Même nos autoroutes, déjà construites au compte-gouttes, se suffisent de deux voies, comme début, zappent plusieurs ponts nécessaires et font l’économie des glissières de sécurité.

Devant la crise économique et financière qui est bien réelle, les citoyens sont découragés, ils voudraient que le pays s’en sorte et puisse donner une autre image, mais ils sont désespérés face à cette fatalité de voir se reproduire, chaque année, le même scénario de désolation. Incapables d’affronter le déluge.

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