Les électeurs d’Ennahdha témoignent, ces jours-ci, d’une apparente inconstance quant au candidat qu’ils vont choisir. Ce fut la même tactique en 2014, et ce fut un raz de marée en faveur de Moncef Marzouki.

Ce n’est un secret pour personne, Abdelfattah Mourou ne fait pas l’unanimité au sein de son parti malgré son statut d’érudit dans les questions religieuses et son côté affable et courtois, ainsi que ses qualités d’orateur qui ont fait de lui un avocat redoutable.

Pour cela, on ne l’attendait pas comme candidat à la présidentielle. Surtout que Rached Ghannouchi semblait s’y préparer personnellement. De plus, Mourou, qui est connu pour sa modération et son refus viscéral de la violence, n’a jamais été apprécié par les radicaux au sein du parti. Ce qui fait penser à la persistance de la recherche d’un «oiseau rare», centriste, qui doublerait le candidat officiel d’Ennahdha. Et, à ce stade de la campagne, il est probable que ce candidat providence ait déjà été trouvé.

L’idée première d’Ennahdha était de choisir un candidat consensuel hors du parti, mais le choix de Mourou s’est imposé devant l’insistance d’une partie non négligeable des militants nahdhaouis à voir l’un des leurs les représenter. Mais quelles seront ses chances d’arriver au second tour ? Et puis, devant l’extrême division des centristes, pourquoi ne pas miser sur un candidat bien placé en qualité d’«oiseau rare» pouvant relancer le consensus de gouvernement, surtout que Ghannouchi mènera personnellement la danse à l’Assemblée ?

L’on constate sur le terrain que les électeurs d’Ennahdha témoignent, ces jours-ci, d’une apparente inconstance quant au candidat qu’ils vont choisir, mais ce fut la même tactique en 2014, et ce fut un ras de marée en faveur de Moncef Marzouki.

Parmi les oiseaux rares possibles, il est aisé de pressentir Mehdi Jomaâ qui avait donné satisfaction en tant que chef de gouvernement transitoire, par sa discipline et son sens du consensus.

Également, pourrait faire l’affaire Abdelkrim Zbidi qui est indépendant et qui a fait partie des gouvernements de la Troïka.

Enfin, Mohamed Abbou, ancien compagnon de route de l’islamisme, serait indiqué, malgré l’évolution de certaines de ses positions vers le centrisme avec même une certaine dose de laïcité bien maîtrisée.

Quant à Youssef Chahed, un moment possible candidat au rôle d’«oiseau rare», lors de son bras de fer avec le président défunt, il semble qu’il ne réponde plus au profil souhaité. Car Ennahdha voudrait contrôler la situation en mettant en place, en guise d’oiseau, plutôt un perroquet qu’un coq combattif. Avec son parti Tahya Tounès, fait à moitié de destouriens, et sa volonté déclarée de se démarquer de l’«islam politique», il n’est sans doute plus éligible à ce rôle.

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