Les élections tunisiennes et notamment la campagne électorale pour la Présidentielle anticipée de dimanche prochain  suscitent beaucoup d’intérêt en Tunisie mais aussi à l’extérieur. La France, premier partenaire économique de la Tunisie, se dit « attentive et confiante » quant au succès de ce scrutin, alors que d’autres pays affirment leur confiance de voir la Tunisie réussir cet événement.

Si les élections tunisiennes suscitent un intérêt grandissant à l’intérieur du pays, elles sont également au cœur de l’attention de certains pays voisins et partenaires. C’est notamment le cas de la France, dont le Premier ministre Edouard Philippe a assuré que « les autorités françaises sont attentives et confiantes à l’approche de l’élection présidentielle du 15 septembre en Tunisie ».

Interpellé à l’Assemblée nationale française sur le sujet de l’arrestation du candidat à la Présidentielle Nabil Karoui, Edouard Philippe a estimé que « La Tunisie, comme la France, a connu il y a quelques années la déstabilisation terroriste et a fait le choix d’une vitalité démocratique qui lui permet de regarder le futur avec confiance ». « Je veux dire combien nous sommes attentifs et confiants dans la capacité de ce pays à s’inscrire dans la ligne qu’il a lui-même choisie et que nous soutenons politiquement, diplomatiquement, avec beaucoup d’engagement », a poursuivi Philippe. « Organiser des élections dans un pays qui revient à la démocratie n’est jamais simple et n’est jamais acquis, c’est toujours un défi », a-t-il encore souligné.  « C’est un défi que la Tunisie doit aborder avec confiance et qu’elle aborde, je crois, avec l’envie de montrer qu’elle n’a pas varié dans le choix fondamental qu’elle a réalisé », a-t-il relevé en affirmant que « l’objectif de la France, c’est de faire en sorte que ces échéances électorales se déroulent dans les meilleures conditions possibles ».

Le Premier ministre français, dont les propos ont été rapportés par l’agence AFP, a ainsi éludé à la question du président de l’Union des démocrates et indépendants Jean-Christophe Lagarde, qui appelait la France à « exprimer ses inquiétudes» après l’arrestation le 23 août du candidat Nabil Karoui, pour fraude fiscale et blanchiment d’argent.

Importante attention médiatique

Cet intérêt porté par les pays étrangers, dont notamment la France, à l’évolution de l’actuel processus électoral se traduit également par une couverture médiatique remarquable de la campagne électorale. En effet, les médias français les plus influents se sont largement penchés sur  la couverture de la période électorale et notamment de la campagne électorale, outre l’organisation pour la première fois des débats télévisés. Chacun son approche, chacun son angle et ses objectifs, les médias français ont, en effet, porté une attention médiatique particulière à ce scrutin.

Alors que Le Monde a opté pour de profondes analyses du paysage politique tunisien à l’approche de l’élection, et notamment le rôle de la femme dans ce rendez-vous électoral, d’autres journaux comme le Figaro se sont plutôt intéressés à l’organisation pour la première fois des débats télévisés et de la polémique qu’ils ont suscitée. Pour sa part, la chaîne d’information France 24 a consacré sa couverture de la campagne électorale aux programmes économiques des candidats.

Pas que la France

L’intérêt pour les élections tunisiennes ne parvient pas uniquement des pays voisins ou partenaires, le processus électoral est mis, en effet, sous les projecteurs d’autres pays qui estiment important de le suivre de près.

Il est à rappeler dans ce contexte, que le Roi de Jordanie, Abdallah II, avait reçu, dernièrement, le ministre des Affaires étrangères, Khemaïs Jhinaoui, à Amman. Le souverain hachémite a salué, lors de cette rencontre, l’expérience démocratique en Tunisie, exprimant sa confiance dans la capacité des institutions tunisiennes à faire réussir les prochaines échéances électorales.

Si le processus électoral tunisien constitue un centre d’intérêt à l’échelle internationale, c’est probablement en raison de toute l’expérience démocratique tunisienne qui s’est toujours distinguée comme étant la seule rescapée de ce qu’on appelle le printemps arabe. Les ambitions pour faire réussir un tel événement sont fortes, même si certains acteurs nationaux et internationaux espèrent un faux pas pour faire avorter tout un projet pour lequel tout un peuple s’est soulevé.

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