Au total 313 centres de vote comptant 704 bureaux ont été aménagés au profit des 313.016 électeurs. Cela sans oublier un potentiel humain de haute compétence mis en place par l’Irie dans tous les centres sécurisés par d’importants renforts sécuritaires et militaires.

A l’instar des autres gouvernorats, celui de Kairouan a vécu, hier, au rythme de l’élection présidentielle, et ce, en présence d’observateurs tunisiens et étrangers, de la société civile et de représentants des candidats.

Au total 313 centres de vote comptant 704 bureaux ont été aménagés au profit des 313.016 électeurs. Cela sans oublier un potentiel humain de haute compétence mis en place par l’Irie dans tous les centres sécurisés par d’importants renforts sécuritaires et militaires.

Dans l’ensemble, le démarrage de l’élection s’est bien passé hormis dans la délégation de Chebika et plus précisément au centre de vote Dhraâ Eflen, El Karma où les observateurs n’ont pu accéder aux bureaux de vote faute de badges.

Youssef Nassri, un observateur, précise dans ce contexte : «Depuis hier, on s’est rendu compte que nos badges étaient erronés (par exemple, on a placé la photo d’une femme sur le badge d’un homme), on a demandé à l’Irie de les rectifier mais jusqu’à présent (10h00) nous n’avons rien reçu… Est-ce normal ? Ce genre d’erreur dans les applications est inadmissible en 2019 pour un scrutin aussi important…».

Mme Ourida, 82 ans, qui sortait d’un bureau de vote nous explique qu’elle aurait aimé que les photos des candidats soient plus grandes surtout pour les analphabètes et les personnes âgées : «J’espère avoir coché la bonne case, surtout qu’on ne peut pas nous aider dans l’isolair…».

A part cela, nous avons constaté qu’en milieu rural, le taux de participation était plus élevé que celui constaté en ville.

A titre d’exemple, à 9h00, au centre de vote d’El Houda (Kairouan-Nord), sur les 600 électeurs inscrits, seuls 17 ont voté, et ce, en présence de représentants de la société civile et du centre Carter.

Beaucoup plus loin dans la délégation de Bouhajba, on a remarqué de longues files d’attente dès 7h00, notamment dans le centre de vote de Chraïtya-Nord où le taux de participation était de 32% à 11h00.

Même chose au centre de vote Ibn Khaldoun, de Bouhajla où 1.190 des 3.125 électeurs ont déjà voté à 9h45, et ce, dans le calme et la sérénité en présence de plusieurs observateurs tunisiens et étrangers.

D’ailleurs, des représentants de l’Union européenne qui se sont rendus dans le centre ont déclaré à une radio privée qu’ils n’ont remarqué aucune infraction, ni dépassement.

Le jeune Adem Mtiraoui qui a voté dès la première heure déclare dans ce contexte : «Pour moi, c’est une journée mémorable où j’ai pu exercer à la fois un droit et accomplir  un devoir, j’espère que le prochain président sera fort et sera décidé sans se laisser influencer par son entourage».

Dans la délégation de Kairouan, et plus précisément au centre de vote de la localité de Zaafrane, 3 bureaux de vote ont été aménagés au profit de 1667 électeurs en présence de 7 observateurs.

Madame Mabrouka, 74 ans, qui venait de voter, est heureuse de nous montrer son doigt à l’encre bleu… J’ai fait 3 kilomètres à pied pour choisir mon futur président qui je l’espère, fournira plus d’efforts en faveur de la femme rurale…»

Quant à Dalila, une jeune branchée aux longs cheveux, diplômée du supérieur, elle regrette que beaucoup de ses amies aient décidé de ne pas voter, car elles estiment que tous les responsables politiques ne pensent qu’à leurs propres intérêts : «Et même si un candidat est intègre et honnête, on ne le laissera pas travailler pour faire sortir le pays de la crise économique. Dans la localité de Rakkada, à midi sur les 2.911 inscrits au centre de vote, 400 ont déjà voté en présence d’observateurs.

Mme Mahdhia, une handicapée moteur, a tenu à participer à ce rendez-vous électoral qui est un événement privilégié et un sursaut civique.

M. Alaeddine a tenu à ce que sa petite fille Yara l’accompagne au bureau de vote : «J’ai tenu à ce que ma fille soit avec moi afin de l’initier au devoir civique. Pour moi, cette élection présidentielle est une fête de la pratique démocratique, en toute transparence. Fini l’époque où on faisait voter les morts et où les résultats étaient connus d’avance. Néanmoins, je regrette la désaffection des jeunes…».

Notons, par ailleurs, que l’opération de vote dans toutes les délégations du gouvernorat de Kairouan s’est passée à un rythme lent et sans enthousiasme. Ainsi, le taux de participation qui était de 0,33% à 9h00 est passé à 6,08% à 13h00 puis à 13% à 15h00 et à 30% vers 17h30. En fait, désabusés par la chute de leur pouvoir d’achat et par la montée de la délinquance et du crime, les citoyens n’ont plus confiance en la classe politique.

Par ailleurs, quelques dépassements et provocations ont jalonné ce rendez-vous électoral car la bataille s’avère rude.

En effet, certains représentants de partis ne se sont pas gênés de faire de la propagande devant les bureaux de vote pour influencer les électeurs. Et à chaque fois, ce sont les membres de l’Irie et les forces sécuritaires qui interviennent pour que tout rentre dans l’ordre. Notons enfin que des agents de police ont été intoxiqués par des repas impropres à la consommation, ce qui a nécessité leur hospitalisation et suscité la colère des syndicalistes.

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