Une intrigue inspirée d’un phénomène social qui a secoué le monde en 2013 a vu le jour : celui de la danse du « Harlem Shake », devenue une forme de protestation y compris en Tunisie. François G-Bussac a tissé une fiction non – moins rocambolesque autour de ce mouvement.
Un travail mémoriel destiné aux jeunes, dans la même lignée que « le jardinier du Metlaoui », de divers romans pour enfants qui ont vu le jour ou encore « du siècle d’Augusta », entre autres. Des livres ludiques signés par le même auteur, surnommé « le Capitaine. ». « L’affaire du Harlem Shake » est une fantaisie conçue en 2013 et qui se lit d’une seule traite.
Raconteur de contes pour enfants, l’auteur a ajouté un petit lexique pour permettre aux lecteurs de mieux cerner les péripéties relatées. Nous l’avons rencontré pour vous à l’occasion de la foire Internationale du livre lors d’une séance de dédicace.

« Capitaine »,  pour cette nouvelle parution, vous avez opté pour  «  un polar illustré», dédié à la jeunesse. Un genre littéraire encore très peu courant en Tunisie. Comment  cette idée a t- elle germée ? C’est venu tout d’un coup. En lisant un article du journal « Le Monde », par hasard (Un article que je reproduis d’ailleurs en annexe), révélant ce que je ne savais pas. Le ministre de l’Education tunisien, en 2013, avait été irrité par un mouvement de danse qui avait atteint quelques établissements éducatifs et universitaires : là, où les cours s’y sont interrompus à cause d’élèves et d’étudiants voulant danser le « Harlem Shake ». J’ai trouvé cela un peu exagéré, et je me suis dis que ça pouvait faire un bon sujet. Et alors, que je ne pensais pas du tout écrire des polars pour la jeunesse, je me suis dis « essayons de présenter cette affaire là, avec des indices et une intrigue qui ont donné naissance à une pièce policière. Et le scénario a vu le jour en dix minutes !

Justement, si vous deviez donner un aperçu du livre à vos lecteurs ?
(Rire), Si tu veux, c’est assez simple et basique : deux équipes qui recherchent « qui donc a enlevé ce bonhomme ? », puisque dès la première scène, le jeune héros, Gary, après avoir accompagné sa petite amie Sonia, aux cheveux mousseux, étudiante en chinois à « Bourguiba School » rebrousse chemin et se fait suivre par une Peugeot noire, d’où surgissent trois individus cagoulés, le kidnappent, l’assomment et l’entrainent à l’arrière d’une vielle mosquée du Kram. Il est libéré par « Fil de fer », le fils de l’Imam au petit matin. Et tous les deux se disent, « On va nous même trouver qui sont ces kidnappeurs ?». Il retourne chez sa famille et veille à ce que son père, le commissaire, ne le sache pas. Il s’organise en bande, avec ces frères et leurs animaux, et tentent de trouver des indices. L’enquête verra apparaitre un « Stagiaire cher chic » et d’autres personnages tout aussi riches. Inutile de vous gâcher les évènements …

 Comment s’est passé votre collaboration avec votre illustrateur ?
J’ai eu beaucoup de chance, en travaillant avec Chaher Majri. Je lui ai expliqué les diverses caractéristiques des personnages, qui les a esquissé d’une manière drôle, et ça a ajouté beaucoup à l’intérêt de cette « pochade ».

Comment avez-vous découvert la danse du « Harlem Shake » ?
Par Hasard, en visionnant une vidéo de militaires en Corée, où on les voyait  tout interrompre pour danser le « Harlem Shake » : une danse laide, bruyante, épouvantable, qui s’est propagée comme une trainée de poudre dans le monde entier. Ce qui m’a interpellé, c’est que, tout le monde dansait sur un lieu de travail ou de cours en 2013. C’était impressionnant ! Il y’avait une espèce d’union paisible et dansante partout dans la planète.

D’après vous, cette danse avait – elle une portée politique, une façon de s’exprimer ?
Celle –  ci non. Mais la danse en générale, certainement. La danse acrobatique, toutes les formes artistiques de danse, oui. Je pense que c’est libératoire, c’est faire bouger son corps, c’est se retrouver en harmonie avec l‘autre. En Tunisie, la danse ne cesse de prendre de l’ampleur. Des Pionniers comme Imed Jemaa, Rochdi Belgasmi, s’adonnent à la danse et casse avec les genres, surtout après la révolution. C’est l‘exultation du corps. Et la danse contemporaine a comme sujet la vie de tous jours, avec ses petitesses, sa candeur, ses moments d’hostilité, d’affectivité.

Dans votre ouvrage, vous décrivez un Tunis plutôt sombre. L’est t-il réellement ?
Je trouve que la capitale s’enlaidit, hélas. Elle n’a presque plus aucun charme. Je le ressens comme ça. Je ne veux pas dire qu’elle est triste, mais elle est de moins charmante. J’habite la Goulette-Kheireddine, des quartiers pas très chics.  Les gens sont très aimables ici. Mais le charme de Tunis centre – à mon sens – se dissipe de plus en plus.

Comment se déroulera la promotion de cet ouvrage ?
Il y’a eu la Foire International du Livre (Stand Arabesques).  Le weekend dernier, l’IFT Sousse m’a contacté. Je vais le présenter dans deux classes. Il faut initier les élèves au polar. Et je sais qu’on pourra transformer ce livre en pièce de théâtre. Je le ferai lire à des élèves et des étudiants si possible et d’autres séances de présentation se feront.

On le verrait plutôt bien en Bande dessiné…
Bien entendu mais la B.D est un énorme de travail de dialogues et de dessins. Avec Hbib Mansouri (metteur en scène), il m’a suggéré lors d’une présentation à Mille feuilles, qu’elle devait être théâtrale : les deux premiers chapitres ont été réécris avant la séance,  pour que des enfants et Mme Bouffetier puissent les lire. Pendant l’été, je pourrai le réécrire comme pièce de théâtre, et c’est évidemment beaucoup de dialogues avec énormément de caractères à reproduire.

Pouvez-vous nous donner un petit aperçu de votre prochain ouvrage ?
Un ouvrage qui n’a absolument rien à voir avec cela. Il s’agit du troisième tome d’une saga familiale consacrée à mon grand père. « Le jardinier de Metlaoui » (2009) était consacré à mon père, le 2ème « Le siècle d’Augusta » (2014), était dédié à ma mère et le prochain sera un bio roman.

Propos recueillis par H.H 

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