A l’orée de la rentrée universitaire 2019-2020, les étudiants, à travers leur organisation syndicale, l’Union générale des étudiants de Tunisie (Uget), s’invitent à la crise qui oppose le ministère de l’Enseignement supérieur au syndicat universitaire Ijaba et appellent à des mesures immédiates dans le but de prévenir les blocages qui ont failli condamner les étudiants, en 2019, à une année universitaire blanche.

Et le syndicat estudiantin d’attirer l’attention sur le fait que la crise Ijaba-ministère de l’Enseignement supérieur qui a eu des répercussions néfastes sur des milliers d’étudiants privés d’examens de fin d’année n’a pas été résolue et les causes du conflit sont toujours vivaces puisque les syndiqués d’Ijaba considèrent toujours que leurs revendications ne trouvent pas encore une oreille attentive au sein du ministère.

Pis encore, ils sont convaincus et le font entendre quotidiennement que le ministère rejette toutes les solutions qu’on lui soumet et toute tentative de dialogue et applique une approche de gouvernance qui a fait son temps et dont les résultats sont catastrophiques pour toutes les parties concernées au sein de l’institution universitaire.

Malheureusement, la rupture du dialogue et le durcissement des positions des uns et des autres ne font qu’approfondir encore plus la crise et présager des lendemains sombres et inquiétants pour la nouvelle année universitaire qu’on espérait différente de celle qui l’a précédée et dont les retombées désastreuses ne manqueront pas d’affecter l’avenir déjà fragile et incertain de milliers de diplômés de l’université tunisienne.

Notre crainte de voir la situation empirer est d’autant plus sérieuse et légitime que la rentrée universitaire 2019-2020 intervient dans une atmosphère particulière marquée, d’une part, par une élection présidentielle qui vient de révéler deux éventuels présidents que personne n’attendait au palais de Carthage et, d’autre part, par des élections législatives qui risquent de dégager un nouveau paysage politique où la formation d’un nouveau gouvernement relèvera de l’impossible.

Pour être plus clair, n’ayons pas peur de le dire : dans le paysage politique actuel et aussi dans celui qui  prévaudra après le 6 octobre prochain, la crise au sein de l’université promet bien de s’éterniser au cas où Ijaba et le ministère de l’Enseignement supérieur ainsi que la fédération générale relevant de l’Ugtt ne se rendraient pas à l’évidence et ne décideraient pas de résoudre ensemble et consensuellement cet interminable conflit.

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