En ce moment précis où le pays vit un tournant délicat à négocier avec le destin, et alors qu’un certain nombre de Tunisiens craignent un retour aux luttes idéologiques et à la violence, les avocats des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi remettent au-devant de la scène l’exigence de lever le voile sur ces assassinats politiques restés dans le secret des coulisses sécuritaires et celui des archives du parti islamiste.

Or, les Tunisiens n’ont, en réalité, ni oublié ce dossier ni pardonné à quiconque d’être, d’une manière ou d’une autre, impliqué dans sa préparation ou son exécution, ou ne serait-ce qu’informé à son sujet.

Car il ne s’agit pas d’une simple erreur de parcours ou d’actes fortuits, mais de l’entame d’une stratégie de la violence et de la terreur destinée à cerner la volonté démocratique souveraine de tout un peuple et son confinement dans l’ignoble logique de la confrontation violente.

Et les soupçons qui pèsent sur la question de l’existence d’un éventuel «appareil sécuritaire» nahdhaoui qui noyauterait notre ministère de l’Intérieur ont pris, au niveau de certains détours, l’allure d’un secret d’Etat à préserver impérativement.

Mais Ennahdha n’a pas été la seule entité à se protéger et à vouloir éloigner les curieux. La justice s’est rendue complice au niveau de certaines cachotteries inexplicables, et également le ministère de l’Intérieur, comme à propos de ladite «chambre noire» qui s’est avérée bien réelle corroborant le fait qu’il s’agit bien d’une affaire d’Etat. Un État qui, à l’époque de la Troïka, était sous l’autorité d’Ennahdha.

A l’heure d’une probable alternance à la tête de l’Etat, le parti de Ghannouchi ne gagnerait-il pas à jeter du lest en dévoilant ses secrets ? Quels qu’ils soient, il s’agit d’un geste qui grandira la nouvelle approche d’Ennahdha successive audit «Pacte de Paris» et finira par être le nouveau socle du vivre-ensemble.

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