Au-delà des interrogations sur les raisons des conflits qui ne cessent d’opposer les différents acteurs et les différentes parties prenantes, des discours qui frisent chaque fois l’inimaginable, c’est toute la raison d’être du sport tunisien qui est aujourd’hui mise en cause. Il n’est pas si simple de séparer le bon grain de l’ivraie, mais il est clair que la place n’est plus réservée aujourd’hui à ceux qui réussissent. Paradoxalement, on connaît aujourd’hui des personnes médiatisées plus qu’il ne faut, mais on ignore ceux qui militent dans les conditions qu’on connaît. Il y en a qui sont omniprésents et interviennent souvent, rien que parce que le sport exerce un charme et une force d’attraction extraordinaires. Leur  présence, ainsi que leur prise de position, sont devenues aujourd’hui indésirables à plus d’un titre. Encombrantes même. L’enlisement est collectif, partagé, l’absence de réaction aussi, puisque les formes de dérives et de manquements ont germé dans le bouillon du laisser-aller et de l’impunité. Cela est devenu  intolérable pour le sport et pour ses fondements…

Certaines parties sont à présent définitivement intégrées dans la sphère des conflits, des affrontements et des altercations de tout bord. Tous les aléas et les dépassements qui en découlent nous amènent à nous interroger sur les intentions et les motivations qui les font ainsi courir. Le paysage sportif est devenu  propice à l’émergence et à la prolifération des intrus. Parachutés dans un environnement qui ne leur appartient pas et surtout  par une reconversion dont on ignore l’origine, et encore moins le sens et l’utilité, leur champ d’action prend au fil du temps une mauvaise tournure, surtout lorsque les dérapages désavouent les valeurs et les principes sportifs.

Ce que le sport et les sportifs ne sont plus en mesure de réaliser, encore moins d’atteindre, met à nu cette inaptitude à se relancer sur la bonne voie. Le sport est loin d’inviter à rêver. Il perd de plus en plus de leaders. Il n’y a plus de fédérateurs.  Même pas un modèle sur lequel la jeune génération   puisse vraiment s’identifier. Laissés à leur propre compte, les sportifs  essaient  de faire de leur mieux, voire encore plus, mais le bricolage a ses limites tant que  personne n’ose, jusque-là, lever  le petit doigt…  A travers ce qu’on ne cesse de laisser entrevoir, de proclamer, en public ou en privé, et bien sûr à celui qui veut bien l’entendre,  à travers le discours et les arguments avancés, il n’y a pas dans la thèse des responsables sportifs une piste à creuser, une vision et un projet sportif pour l’avenir. On est  aujourd’hui en droit de douter du bien-fondé de ce qui est entrepris ici et là. Le sport auquel on a aujourd’hui droit n’a plus la même carte d’identité. Il n’a plus la même crédibilité. Il n’est plus à l’abri des dérives. Il y a de plus en plus d’intrus, d’importuns, de gênants. D’indésirables. N’importe qui fait n’importe quoi. Résultat : le sport et les sportifs se perdent dans des circuits impossibles à tracer, à cerner. Que ce soit sur le terrain ou ailleurs, il est loin d’être moral. Il héberge, voire chérit et affectionne des parties emblématiques. Des fois symptomatiques. Sur les plateaux de télévision, consultants médias, producteurs, animateurs, journalistes se revendiquent dans une ambiance de polémiques, mais aussi de règlements de compte aussi cruels qu’injustifiés. Tout un monde qui participe à lui seul à donner une certaine insipidité à un environnement de plus en plus envenimé.

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