LA campagne électorale en vue des législatives a démarré depuis douze jours, mais il se trouve qu’elle semble en sourdine, comme masquée par le destin incertain de l’élection présidentielle.

Par son brusque départ le 25 juillet, Béji Caïd Essebsi a avancé le scrutin présidentiel, le plaçant avant les législatives, ce qu’il avait préconisé, de son vivant, pour accorder au président de la République un prestige digne de sa désignation directe par le peuple.

Or, l’on sait que les résultats d’un scrutin qui se tient en premier influencent beaucoup l’élection qui suit, notamment si c’est la présidentielle qui précède. Ce qui fait, chez nous, que dans une grande mesure, l’électeur devra se déterminer par rapport aux deux vainqueurs du 1er tour de la présidentielle.

Et, au vu de la détermination de notre justice à maintenir Karoui en prison, ce qui est offert aux citoyens, c’est de plébisciter Kaïs Saïed. Un scénario qui donne au principe même des élections démocratiques une finalité douteuse. Et le candidat ainsi promis en convient lui-même.

Ajoutons à ce tableau distordu le caractère atypique de multiples discours parmi les listes des législatives et nous sommes contraints de comprendre que la campagne électorale soit si timide.

Car, en fait, personne n’est, à ce stade, en mesure d’imaginer comment la scène politique pourrait se configurer au lendemain des élections présidentielle et législatives. Les candidats en premier.

Déjà, la présidentielle est sous conditions. On semble promettre de libérer Nabil Karoui, si les juges sont d’accord, le 2 octobre. Ensuite, les législatives ne savent pas où donner de la tête. Car elles dépendent, au niveau des alliances, des bonnes dispositions de chacun des deux candidats à la présidentielle.

Les alliances théoriques se font et se défont et les électeurs ne savent plus à quel saint se vouer. Surtout au vu du réveil de l’extrémisme idéologique et de la violence que montrent Facebook et compagnie.

Déjà, plusieurs partis ont changé de casaque quant à leurs promesses de vote au second tour, alors que l’on n’est sûr de rien. Vivement une clarification en bonne et due forme sur l’attitude de notre justice souveraine.

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