Des étudiants qui passent encore leurs examens de l’année dernière, encore inachevée, un sit-in des universitaires et enseignants de Ijaba, et des négociations pour réussir l’année et mettre fin à la grève.

Si certains étudiants on pu démarrer la nouvelle année universitaire en beauté, d’autres sont les otages, depuis des mois, du bras de fer qui oppose l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (Ijaba) et le ministère de l’Enseignement supérieur.

La nouvelle année universitaire 2019 /2020 n’a pas encore commencé pour ces derniers qui doivent tout d’abord attendre la délibération des résultats de l’année universitaire passée avant d’entamer la nouvelle.

Nous nous sommes rendus au technopôle de Borj Cédria, précisément à l’Ecole nationale des sciences et technologies avancées (Enstab). A l’entrée, quelques étudiants se sont rassemblés  en petit groupe devant la faculté. Dans les couloirs de l’établissement, d’autres parcouraient les départements pressés de se rendre à la salle de cours. «Nous n’avons toujours pas de cours et nous ne savons pas quand est-ce que les cours de la nouvelle année démarreront», se plaint Samar, inscrite en première année, ingénierie, rencontrée devant la faculté.

Une année qui a mal démarré

Le silence régnait dans cet établissement ! Les agents  administratifs  ne peuvent divulguer aucune information. L’assistante de direction de l’établissement nous  a avoué que la situation est encore floue et qu’un bon nombre d’étudiants appartenant à l’Enstab sont censés tout d’abord passer la session de contrôle et que les cours n’ont pas encore démarré pour tous les niveaux. Et de renchérir : «On espère la reprise des cours au début du mois d’octobre ! Les étudiants payent le prix de ce désaccord entre les enseignants appartenant à Ijaba et le ministère de l’Enseignement supérieur ! En attendant la résolution de  ce problème qui persiste depuis l’année dernière, les candidats doivent s’armer encore  de patience et de courage», nous a-t-elle avoué.

Le problème persiste encore, de l’autre côté, pour les enseignants appartenant à l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens (Ijaba).On apprend auprès du coordinateur général adjoint de Ijaba, Zied Ben Amor, que malgré tout, l’union des professeurs n’épargne aucun effort pour négocier avec le ministère de l’enseignement supérieur afin de rétablir la paix et réussir l’année universitaire 2018/2019 et celle d’après.

Selon lui, la grève des enseignants a touché plusieurs instituts dans toutes les régions du pays, notamment Gafsa, Gabès, Sfax, Monastir, La Manouba, Carthage… Néanmoins, il y a des dizaines de milliers d’étudiants qui sont en train de passer les examens de contrôle en ce moment.

Des négociations pour la paix globale

Zied Ben Amor est revenu sur le problème fondamental qui consiste en la tenue d’un sit-in depuis à peu près une vingtaine de jours et lors duquel certains universitaires ont été séquestrés. D’après ce dernier, le siège du sit-in (sise à Mohamed-V à Tunis, annexe de la recherche scientifique) manque des commodités de base, comme l’aération, les douches… ce qui entrave la tenue de la grève dans de bonnes conditions. «On note que, au moins 27 professeurs tiennent bon pour revendiquer leur droit constitutionnel en protestant pacifiquement sans entraver le bon déroulement du bien public», a-t-il précisé. Et de renchérir : «Il y a des collègues qui ont subi un arrêt de travail,  dont notamment Mme Chakroun, appartenant au  bureau national de Ijaba qui a été arrêtée lors de ses déclarations pour condamner les mesures du ministère en ce qui concerne  le passage automatique déguisé et l’atteinte à la crédibilité. Nous œuvrerons malgré tout à négocier sérieusement avec le ministère qui devrait abandonner les démarches disciplinaires  contre  les cinq collègues arrêtés, prendre des décisions courageuses… En même temps, nous sommes en train de travailler ensemble, sur le statut des universitaires avec les retombées financières pour réussir les deux années universitaires, à savoir la dernière et celle actuelle». Le coordinateur adjoint de Ijaba ajoute que l’union œuvre également à conclure un accord basé sur la paix et le rapprochement des points de vue entre Ijaba et le ministère relatif notamment à l’application de l’accord du 7 juin. « Actuellement, il n’y a rien de concret, mais on espère que les négociations porteront leurs fruits pendant les  jours qui viennent», conclut Zied Ben Amor.

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