Après l’Acropolium de Carthage et le Zéphyr, l’Institut français de Tunisie a abrité deux soirées du «Jazz à Carthage» : celles du Français Bumcello et de l’Algérien Djam. L’immersion musicale fut trépidante et les avis unanimes : les deux artistes se sont clairement surpassés.

O.M.N.I ou Objets musicaux non identifiés
Ambiance hippie et décontractée des années 70, le point fort du concert de Bumcello fut l’énergie des spectateurs. Des poufs colorés en forme de cercle, des parasols chauffants placés dans des coins de l’espace, sans oublier la scène, haut en couleur qui dégageait des ondes festives et printanières : l’endroit était sans doute propice au défoulement.

Le groupe donne libre cours à sa créativité et fait fusionner un nombre impressionnant de sonorités et de genres musicaux: leur musique laisse planer : elle est transcendante, instinctive et mélange pop, rock, reggae, métal, Steel drums, rap et world. Mais pas que : de l’électro, de la soul, du punk et du funk ont également retenti. De la Butcada brésilienne a même été écoutée ainsi que des sons yiddish sous fond de rythmes africains. De bout en bout, tout le monde était debout et dansait sans arrêt.

Sur scène, la présence imposante de Cello, le violoncelliste, se faisait sentir et celle de Bum, le batteur punk. Leur musique était sophistiquée et euphorisante. Une musique qui commence sans savoir, où elle va s’arrêter. La performance était in extenso improvisée agréablement interrompue par un spectateur, qui a pris la basse de Bum et a commencé à jouer de la musique sur scène.
La nuit suivante, toujours à l’IFT même heure, rendez-vous avec Djam, l’inclassable : l’artiste distingué s’est emparé de la scène : dreadlocks et look de poète hippie : il débarque, souriant, guitare à la main. Sa musique découle d’un Chaabi algérien et africanisé. Son point fort était sans doute le timbre de sa voix. Sa musique a un fond andalou, classique, nord-africain. On se laisse aller, bercer. Tout comme le concert de la veille, la magie a grandement opéré dans l’enceinte de l’IFT. Ahmed Djamil el Ghouli de son vrai nom est un troubadour algérien, qui est parvenu à percer rapidement en tant qu’interprète de musique, chanteur et compositeur. Nanti d’un parcours éclectique particulièrement riche, il est parvenu à fonder son groupe «Djmawi Africa», avant de poursuivre en solo. Djam est une valeur sûre, un porte-parole de la jeunesse algérienne et maghrébine à l’international. L’équipe de «Jazz à Carthage» a déménagé au Pavillon de Gammarth pour la soirée Kimberose et celle d’El Comité — Collectif Jazz «All Stars» de la Havane. La France, Cuba et la Havane étaient parmi nous. Sly Johnsson, Peter Cincotti, Mario Biondi et plein d’autres s’empareront du même endroit jusqu’au 14 avril. Yasak Helva, les Turcs, eux, se produiront sur la scène d’Ennejma Ezzahra dans l’après-midi demain samedi 13 avril.

H.H.

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