Illustration par les chiffres : dans la circonscription de Sfax 1, les taux de participation se déclinaient comme suit : 03,96% à 9h00, ensuite 13,94 à 11h00, puis 21,27 à 13h00. A Sfax 2, c’était presque pareil : 07,9% à 10h00 et 18,5% à midi, c’est-à-dire même pas le 1/5e des électeurs inscrits, quatre heures après l’ouverture des bureaux de vote.

Le scrutin des législatives 2019 fut une occasion renouvelée pour confirmer la tendance remarquée déjà en 2014 et qui s’est bien ancrée au fil des rendez-vous électoraux pour devenir un véritable phénomène. En effet, l’afflux massif aux centres de vote, lors des élections de 2011, traduisant la ferveur populaire a progressivement diminué. Depuis 2014, ce phénomène qui s’installe est l’image d’un manque d’enthousiasme manifeste : des taux de participation médiocres et des centres de vote qui tournent au ralenti, en dépit d’une organisation ficelée à souhait dont le mérite revient à l’Isie, toutes équipes confondues. C’est que l’ardeur a fini par s’émousser à l’image de l’espérance trompée qui s’est réduite comme peau de chagrin.

Ce dimanche 6 octobre 2019, le comportement des électeurs n’a pas dérogé à la règle établie depuis 2014 : alors que les jeunes brillent par leur absence et ne font leur apparition qu’après une grasse matinée, quelques dizaines de votants du troisième âge présents devant les centres de scrutin à 8h00. Moins d’une demi-heure plus tard, les arrivées se font intermittentes, avec quelques pics relatifs, particulièrement à la dernière heure qui précède la fermeture des centres.

Illustration par les chiffres : dans la circonscription Sfax 1, les taux de participation se déclinaient comme suit : 03,96% à 9h00, ensuite 13,94 à 11h00, puis 21,27 à 13h00. A Sfax 2, c’était presque pareil : 07,9% à 10h00 et 18,5% à midi, c’est-à-dire même pas le 1/5e des électeurs inscrits, quatre heures après l’ouverture des bureaux de vote.

Il faut dire que les prémices de la désaffection d’une bonne frange des électeurs potentiels étaient latentes en raison de la pléthore de listes électorales et du flux de promesses insensées qui a carrément inondé les médias, rejaillissant négativement sur la crédibilité des candidats.

Or, sur cet inconvénient majeur, s’est greffé une tiédeur, voire une sorte de nonchalance manifeste ayant marqué la campagne électorale.

En effet, à Sfax, comme semble-t-il partout ailleurs dans le pays, la lenteur est le trait caractéristique prédominant de la campagne électorale pour les élections législatives 2019. Selon des observateurs avertis, la monotonie du rythme de la campagne pour les législatives est la résultante d’un certain nombre de facteurs peu incitatifs. Le démarrage de la campagne ne pouvait, en effet, s’effectuer sur les chapeaux de roues ayant eu lieu la veille d’une élection présidentielle qui accaparait l’attention et mobilisait les énergies. De plus, la douche froide subie par les partis politiques, qui croyaient partir avec les faveurs des pronostics, suite aux résultats pour le moins inattendus du scrutin de la présidentielle, ainsi que le climat d’incertitude qui en a résulté, étaient également loin de constituer un stimulant pour les listes électorales qui ne se sont pas, de ce fait, montrées pressées d’entamer leur campagne. Mais selon les mêmes observateurs, le boum des deux derniers jours de la campagne des législatives, marquée sur une bonne partie de son parcours par la lenteur de sa cadence, s’explique surtout par l’intention délibérée  des candidats d’attendre les derniers moments pour intensifier leurs activités, faire leur promotion et présenter leurs programmes dans l’espoir que leur message gardera une certaine fraîcheur dans la mémoire des électeurs, ce qui pourrait accroître leurs chances de récolter le maximum de voix possibles le jour du scrutin, une tactique assez réfléchie dans la mesure où l’oubli des électeurs potentiels est le pire ennemi pour tout candidat aux élections.

A Sfax, la campagne pour les législatives, abstraction faite des infractions accoutumées à pareils événements, s’est déroulée dans de bonnes conditions, comme le souligne Mohamed Hammami, président de l’Instance régionale indépendante pour les élections Sfax 1, qui relève avec satisfaction la mise à  disposition de l’Irie d’un nouveau circuit de collecte des urnes par l’Armée nationale. Hammami a indiqué également que l’équipe de l’Instance a été renforcée par 60 nouveaux membres appelés pour combler le vide laissé par les départs d’anciens membres pour des raisons personnelles ou des raisons liées aux absences ou à l’incompétence.

Hanène Ben Saïd, membre de l’Irie Sfax 1, précise pour sa part que le nombre d’infractions relevées dépasse bien la centaine dont une partie étant qualifiée de grave a justifié le recours au délégué à la protection de l’enfance ou au ministère public. Elle cite à ce propos l’exploitation des mineurs pour les besoins de la campagne électorale, les dons en nature, les supports mobiles de propagande, les pages sponsorisées, etc.

La même remarque, concernant la bonne marche et l’ambiance ayant marqué la campagne des législatives, s’applique aussi pour l’Instance régionale indépendante des élections Sfax 2. En effet, au niveau des instances, en dépit de l’intensification considérable des activités des listes électorales lors de la dernière journée, avec 56 actions au compteur, il n’y a aucun lieu de comparaison avec les campagnes de 2011 et de 2014 sur les plans aussi bien quantitatifs que qualitatif, d’autant plus qu’elle est ternie par de nombreuses violations à la loi électorale, comme l’a déclaré Mohamed Ramsis Ayari, membre de l’Irie Sfax 2. Ce dernier a également indiqué que l’Instance a même constaté des infractions d’une certaine gravité comme l’utilisation d’enfants par certaines listes électorales, la distribution de flyers dans une institution sanitaire à Skhira, la partialité de certaines administrations à l’instar de certains établissements scolaires, sans compter les infractions de moindre gravité.

Sur le plan statistique, Kamilia Jallouli, membre de l’instance régionale indépendante des élections Sfax 2, donne les précisions suivantes : le nombre d’infractions constatées se situe à 112, la circonscription compte 328.777 électeurs inscrits dans 61 centres et 630 bureaux de vote. Kamilia Jallouli précise également que 15 nouveaux membres entre présidents de centre et assistants ont rejoint l’équipe de l’Irie Sfax 2.

En définitive, avouons que la seule entière satisfaction de ce rendez-vous électoral majeur à Sfax est le professionnalisme, le sérieux et la disponibilité des équipes des deux instances indépendantes pour les élections Sfax 1 et Sfax 2.

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