Une vidéo d’une minute et 17 secondes, en date du 7 octobre a beaucoup circulé ces dernières 24 heures notamment sur les réseaux sociaux et dans les groupes fermées.

On y voit de loin ce qui est visiblement une opération de collecte de données dans un gymnase. On y entend la voix d’une femme qui filme une scène et affirme qu’il s’agit de la preuve que ces élections “sont une pure mascarade”.

La dame en question qui se présente comme une observatrice du PDL (Parti Destourien Libre) s’offusque du fait que les observateurs aient été mis dans les gradins pour “superviser” les résultats.  “On ne peut absolument rien voir, dit-elle. On nous a interdit d’approcher”.

“Regardez ces jeunes qui sont, soit disant  en train de calculer et vous voulez qu’on croit à ces élections?” s’interroge t-elle dans cette vidéo devenue virale en quelques heures. 

Alors, maintenir les observateurs loin de cette opération est-il le signe d’une fraude quelconque et fausse-il la transparence du processus électoral comme le suggère la vidéo ? 

Pour le savoir, il faut d’abord comprendre quel est le processus par lequel passe votre bulletin de vote. 

Lorsque vous vous présentez à votre bureau de vote, que vous  glissez votre bulletin dans l’urne scellée, il y restera jusqu’à la fermeture des bureaux de vote (dimanche à 18h). Dès la fermeture du bureau de vote, le président de chaque bureau autorise l’ouverture des urnes et le dépouillement de l’ensemble des bulletins, et ce, en présence des observateurs indépendants ainsi que ceux qui représentent des listes. Une fois, comptabilisées, les bulletins sont remis dans l’urnes et les résultats du bureau de vote est consigné dans un Procès Verbal en trois copie signé par l’ensemble des personnes présente à l’heure du dépouillement.

Tout de suite après, l’un des PV est accroché devant le bureau de vote, le deuxième  est remis dans l’urne avec les bulletins puis mis sous scellé. Et enfin, un  procès verbal est envoyé dans un centre de collecte de données. Le centre de collecte des données reçoit donc l’ensemble des procès verbaux des bureau de vote d’une région donnée. Les agents de l’ISIE procèdent alors à une comptabilisation de l’ensemble des résultats, pour parvenir à un résultat par région. 

Ces centres de collecte (qui sont généralement de grands gymnases) n’ont donc pas accès aux bulletins de vote et ne font en fait restituer des résultats déjà établis dans les différents centres de vote. 

Vu le nombre très important d’observateurs, l’ISIE ne peut, pour des raisons pratiques, les autoriser à rester à proximité des agents de l’ISIE au moment de la collecte des données. Ils les invitent donc à rester dans les gradins.

Est ce pour autant normal ? 

Si cette vidéo ne montre aucune tentative de fraude ou de bourrage d’urnes, cette décision de l’ISIE ne fait pas l’unanimité. l’ONG Mourakiboun, a mis en garde contre cette pratique estimant que l’ISIE aurait pu garantir la transparence tout en assurant le bon déroulement des opérations de collecte.

« L’Isie aurait pu par exemple projeter sur grand écran l’opération de collecte, suggère Seifeddine Abidi, l’un des portes parole de Mourakiboun ». Il faut également signaler que cette mesure n’est pas nouvelle, elle avait dejà été appliquée en 2014.

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