Accès des personnes handicapées à l’éducation, infrastructure défaillante, budget consacré à l’investissement dans l’éducation jugé limité et certaines formes de discrimination… Les Nations unies évaluent l’expérience tunisienne en matière de droit à l’éducation
Mme Koumbou Bolly Barry, experte et rapporteuse spéciale des Nations unies, a présenté, hier, les résultats préliminaires de sa visite officielle en décembre dernier pour évaluer les progrès du droit à l’éducation réalisés en Tunisie. En effet, lors d’une conférence de presse, la rapporteuse spéciale des Nations unies  a fait part d’une inquiétude à l’égard de l’accroissement des écoles privées à tous les niveaux éducatifs. «Mêmes les ministres reconnaissent que suite à la multiplicité des grèves et des crises sociales, la qualité de l’éducation dans les institutions publiques s’est détériorée et a eu pour conséquence l’accroissement du privé», a-t-elle souligné, appelant à la préservation de l’école publique.

L’experte de l’ONU a également critiqué la situation de l’accès des personnes handicapées à l’éducation.  «Il serait indiqué de réaliser un diagnostic sur la situation globale des personnes vivant en situation de handicap afin de disposer de données fiables pour bâtir une stratégie nationale pérenne», a-t-elle soutenu. S’agissant de l’infrastructure des établissements éducatifs, la rapporteuse spéciale a appelé à multiplier le budget alloué à l’investissement dans l’éducation, d’autant plus que certains établissements ont fermé des salles de classe en raison de leur infrastructure défaillante mettant en péril la vie des élèves.

Des formes de discrimination 
Mme Bolly Barry a estimé que l’accès aux lycées pilotes est devenu «une source de stress pour les élèves et leurs familles, en raison d’une course acharnée pour accéder à ces structures, alors que certaines familles n’ont pas les moyens de payer des frais d’éducation supplémentaires  pour assurer un meilleur niveau», appelant non pas à supprimer ces écoles mais plutôt à les généraliser. Idem pour les classes préparatoires qui, selon ses dires, constituent également une forme de discrimination puisqu’elles ne sont pas obligatoires mais payantes, alors que des familles tunisiennes n’ont pas les moyens pour payer les frais d’inscription dans ces classes qui précèdent l’école primaire.

Parmi les recommandations de l’experte de l’ONU figure la question de l’implication de toutes les parties prenantes. «J’invite le gouvernement à établir des espaces de dialogue avec toutes les parties prenantes, la société civile, les représentants des communautés et des collectivités décentralisées, les parents d’élèves, les syndicats,  les enseignants… afin de proposer un projet de loi sur l’éducation partant des acquis du Livre blanc. La rapporteuse a toutefois souligné des avancées en matière d’accès à l’éducation en Tunisie, notamment dans le secteur de la petite enfance.

K.J.

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