80% des éléments terroristes (environ 42 mille combattants) ont été recrutés par Daech grâce aux réseaux sociaux et surtout l’application Telegram Messenger qui a été utilisée, à des fins terroristes, par la kamikaze Mouna Guebla qui s’est fait exploser en plein centre de Tunis le 29 octobre 2018. Et c’est cette même application qui a été utilisée par le terroriste Mourad Ghozlani, abattu en octobre 2018 par une unité spéciale relevant de la Garde nationale

Plus de 7.100.000  Tunisiens ont un compte face-book, soit 66% du nombre total de la population, dont 57% sont des hommes et 43% des femmes. L’âge de ces facebookers varie entre 13 et 34 ans, selon une étude présentée par l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) et élaborée par Jawher Jamoussi et Ichrak Ben Ishak, consacrée à l’impact des réseaux sociaux sur les transformations dans la société, la politique et le terrorisme.
Le nombre d’utilisateurs d’instagram en Tunisie, en 2018, s’élève à 1.620.000 avec 52% pour les hommes contre 48% pour les femmes. Contrairement aux Egyptiens qui optent plutôt pour Twitter, les Tunisiens préfèrent se connecter via des comptes facebook. 150 mille Tunisiens seulement ont un compte twitter (1,29% de la population).
L’étude de l’Ites évoque la grande influence des réseaux sociaux sur les mutations sociétales en rapport avec les changements politiques, ainsi que leur apport dans l’expansion du terrorisme à travers le monde. L’étude cite comme exemple les  révolutions qui ont touché plusieurs pays dans le monde arabe, dont la Tunisie, aboutissant à de profonds changements, et les campagnes médiatiques et propagandes menées par le groupe terroriste Daech dans le cadre de l’endoctrinement, le recueil de l’information, le recrutement et le financement.
Les groupes terroristes de Daech ont tiré profit des réseaux sociaux, d’où la nouvelle notion de terrorisme cybernétique appelant au jihad partout dans le monde. Un fléau qui n’a pas épargné notre pays après la révolution.
Selon les statistiques publiées, 80% des éléments terroristes (environ 42 mille combattants) ont été recrutés par Daech grâce aux réseaux sociaux et surtout l’application Telegram Messenger qui a été utilisée, à des fins terroristes,  par la kamikaze Mouna Guebla qui s’est fait exploser en plein centre de Tunis le 29 octobre 2018. Et c’est cette même application qui a été utilisée par le terroriste Mourad Ghozlani, abattu en octobre 2018 par une unité spéciale relevant de la garde nationale.
Les réseaux sociaux sont perçus dans le monde arabe comme un outil très efficace  de communication entre le gouvernement et les citoyens, et un moyen pour développer les capacités professionnelles, trouver du travail ou améliorer l’image d’une entreprise. Selon les statistiques présentées dans le cadre de cette étude, facebook et whatsapp sont les deux applications les  plus utilisées  dans le monde arabe avec 87% de facebookers et 84% de whatsappers.
L’autre revers de la médaille, c’est surtout ce lien social interactif qui se tisse à travers les réseaux sociaux aux dépens des liens sociaux classiques. L’étude parle dans ce nouveau contexte de « structures déstructurantes » qui sont en train d’être créées.

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