La création de Hatem Karoui regorge de sarcasme et tourne en dérision des faits indissociables faisant partie intégrante du quotidien sociopolitique des Tunisiens.

Dernière création en date du slammeur et comédien Hatem Karoui, la pièce met en scène trois protagonistes hommes joués par Mehdi Mahjoub, Akil Kolsi et Helmi Ben Ali. Avec une voix «off» omniprésente, qui tient habilement les ficelles dans l’ombre et qui fait office d’un quatrième  personnage, le gang «des intrus» s’est emparé de la scène d’El Teatro pour la première fois devant un public fort nombreux et habitué à l’humour décadent de Hatem Karoui. Pourtant, la pièce démarre dans une atmosphère sombre, suffocante, qui laisse présager une tragédie scénique. Trois silhouettes en mouvement étouffent, sont en fuite, se noient dans les interrogations et tentent d’interagir avec cette Voix, — celle de Hatem —, qui dicte, dirige, dans l’ombre sur un ton sarcastique. L’ironie prenait le dessus peu à peu, jusqu’à la détente totale. La pièce se classe dans un genre qu’on nomme théâtre expérimental, qui prône les non-dits, et donne libre cours au public d’interpréter, d’être réceptif différemment aux messages véhiculés.

Relations en dents de scie entre peuple et classe politique, politique étrangère (précisément française), répliques salaces, Hatem Karoui, dans sa toute première création en tant que metteur en scène, a mis en place un ascenseur émotionnel divertissant, mais qui pousse à la réflexion et se focalise notamment sur le statut des artistes, ceux qui vénèrent le 4e art spécifiquement, et qui sont pris pour «des intrus».

 

 

(crédit photo : Med Karim El Amri)

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