L’élection, aujourd’hui, du deuxième président de la Tunisie post-révolution est à inscrire dans les annales comme un instant historique d’une solennité particulière, puisque couronnant un mois électoral sans précédent comportant trois rendez-vous : le premier tour de la présidentielle, les législatives et enfin le second tour de la présidentielle.

Aujourd’hui, dimanche 13 octobre, est une journée particulière dans l’histoire moderne de la Tunisie, un jour historique, un instant solennel dans le parcours national sur la voie de la liberté, de la démocratie et surtout de la participation des Tunisiens à l’édification de leur devenir, un moment qui restera gravé à jamais dans la mémoire nationale puisqu’il marquera le choix libre et responsable par le peuple tunisien du futur président de la République qui s’installera au Palais de Carthage durant les cinq prochaines années et aura à assumer la lourde mission de conduire le processus démocratique national et de préserver la primauté de la Constitution et de la loi.

Aujourd’hui, les Tunisiens sont appelés à dire leur mot sur l’identité du président de la République qui aura à diriger le pays durant le prochain quinquennat 2019-2024 conformément aux attributions que lui accorde la Constitution du 27 janvier 2014, prérogatives et pouvoirs qui lui confient la responsabilité de veiller à la sauvegarde de leur sécurité nationale, d’élaborer et d’appliquer la meilleure approche diplomatique possible dans le but de renforcer l’image de marque que notre pays a réussi à se créer dans son environnement régional et international et enfin de mettre en place une politique de défense qui permette de prémunir la souveraineté nationale contre toutes les formes de pression, d’interventionnisme ou de mainmise.

Et le rendez-vous électoral présidentiel de revêtir aujourd’hui une dimension historique dans la mesure où il intervient dans un environnement particulier marqué notamment par le couronnement d’un  mois électoral ayant démarré le 15 septembre dernier avec le premier tour de l’élection présidentielle et ayant été jalonné le 6 octobre  par le déroulement des législatives pour être couronné le 13 octobre  par le second tour de l’élection présidentielle qui opposera les deux candidats Nabil Karoui et Kaïes Saïed.

La dimension historique du rendez-vous électoral d’aujourd’hui réside également dans le fait que pour la première fois, les Tunisiens auront à choisir entre deux candidats à la magistrature suprême qui ont accepté de participer à un débat télévisé au cours duquel ils ont révélé aux Tunisiens, durant plus de deux heures, leurs approches, leurs programmes, leurs orientations et les politiques qu’ils promettent d’appliquer lors des prochaines cinq années au cas où les Tunisiens accorderaient à l’un d’eux leur confiance.

L’événement est d’autant plus historique et constitue une première dans l’histoire de la jeune expérience démocratique tunisienne que le débat télévisé en question est intervenu à la dernière minute quand la voix de la raison a prévalu à la faveur de la décision de la justice de libérer le candidat Nabil Karoui dans le but de lui donner la chance de conduire sa propre campagne électorale (même si ses partisans considèrent que deux jours de contact avec les électeurs ne constituent pas une véritable campagne électorale comme  c’est le cas dans les pays ancrés dans la pratique démocratique) et d’offrir aussi aux Tunisiens l’opportunité de vivre un duel électoral visant la plus haute fonction de l’Etat et opposant deux concurrents qui appartiennent à deux écoles intellectuelles ou politiques différentes, voire antagonistes.

Et au-delà de l’impact que produira le duel télévisé Karoui-Saïed, de la soirée du vendredi à samedi dernier, sur le verdict que livreront, aujourd’hui, les urnes, ce qui restera à jamais gravé dans nos mémoires et inscrit dans nos annales est bien cette expérience inédite de voir les aspirants au Palais de Carthage soumis aux questions des animateurs du duel télévisé et surtout obligés de répondre aux interrogations posées quelle que soit leur acuité en cherchant à séduire les téléspectateurs-électeurs et à remporter leur aval.

Reste le rôle imparti à ces mêmes électeurs-animateurs de la grande journée d’aujourd’hui : ils sont tout simplement invités à affluer massivement vers les milliers de bureaux de vote disséminés à travers tous les coins du pays, même les plus éloignés, et à assumer pleinement leur mission, celle de contribuer à la réussite du processus démocratique national et à l’édification de la Tunisie libre, démocratique et souveraine.

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