Le second tour de l’élection présidentielle a enregistré, hier, du nord au sud du pays, un regain d’intérêt chez les jeunes, en faveur de la participation au vote. Ce qui a dopé l’affluence en direction des urnes. Et c’est tant mieux.

Parce que la République ne vaut que par ce qu’elle apporte comme garanties à l’exercice de la souveraineté populaire, dont les élections honnêtes et transparentes représentent la clé de voûte.

L’enjeu de cette journée, décisive dans la «recrédibilisation» de notre processus électoral est essentiel. Elle vient tout simplement au secours d’élections techniquement très correctes, mais politiquement hasardeuses, arbitrant une compétition déstructurée mettant en scène trop de compétiteurs mal connus, dont un derrière les barreaux jusqu’à l’avant-veille de la clôture.

La libération de ce dernier a réussi à donner un sens au scrutin : départager deux profils très différents qui promettent la lune par des chemins aux antipodes les uns des autres.

Mais les Tunisiens étaient placés devant un choix énigmatique entre deux personnages ésotériques, ce qui rompt avec la désormais bataille classique islamistes-modernistes qui prévaut depuis la révolution populaire du 14 janvier 2011. Même si ces deux camps se dressent, en ce second tour de la présidentielle, derrière les deux candidats.

Les jeunes se sont invités à un moment où la délicatesse du choix est à son paroxysme, entre un conservateur austère qui propose, à travers l’utopie de la démocratie directe, une nouvelle révolution populaire, et un homme d’affaires bouillonnant qui prétend pouvoir éradiquer la pauvreté et réveiller l’économie.

Un choix de société qui interpelle au plus haut point les jeunes, même si l’on a noté un peu partout l’absence des observateurs dans différents bureaux de vote.

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